L’Italie et la Tunisie resserrent leurs liens pour relever les défis de l’immigration

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Giorgia Meloni a souligné l’importance de renforcer les liens de coopération avec la Tunisie afin que le pays ne devienne pas un point de passage pour les migrants désireux d’entrer en Europe. [EPA-EFE/PALAZZO CHIGI PRESS OFFICE/ FILIPPO ATTILI]

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a entamé mercredi (17 avril) une mission diplomatique à Tunis, où elle a consolidé un partenariat avec le président Kaïs Saïed dans le but de relever les défis de l’immigration.

« Notre collaboration avec la Tunisie est une priorité absolue pour l’Italie, à bien des égards, et elle s’inscrit également dans le cadre du travail que l’Italie accomplit avec le plan Mattei », a déclaré Mme Meloni lors d’une conférence de presse à Tunis, après sa rencontre avec le président Kaïs Saïed.

Le plan Mattei, un projet du gouvernement de Giorgia Meloni d’une valeur de 5,5 milliards d’euros, vise à favoriser le développement économique en Afrique, à stimuler la croissance pour atténuer l’immigration clandestine vers l’Europe et à faire de l’Italie une plaque tournante de l’énergie pour le transport du gaz naturel de l’Afrique vers l’Europe. La Tunisie est considérée comme une « priorité » dans ce plan.

Giorgia Meloni a souligné l’importance de renforcer les liens de coopération avec la Tunisie afin que le pays ne devienne pas un point de passage pour les migrants désireux d’entrer en Europe. À cet égard, elle a préconisé d’impliquer les organisations internationales et de se concentrer non seulement sur les rapatriements, mais aussi sur les flux migratoires réguliers.

« Sur le front de l’immigration légale, je pense que l’Italie peut faire beaucoup plus », a déclaré Mme Meloni. « Mais il est essentiel que nous travaillions ensemble pour continuer à lutter contre les esclavagistes du troisième millénaire, les organisations mafieuses qui exploitent les aspirations légitimes de ceux qui cherchent une vie meilleure ».

Outre les questions migratoires, des accords d’un montant total de 100 millions d’euros ont été signés dans trois domaines : un soutien budgétaire direct à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables de l’État tunisien, une ligne de crédit pour les petites et moyennes entreprises tunisiennes et un protocole d’accord entre les ministères respectifs des Universités et de la Recherche.

Cette étroite collaboration démontre l’engagement de l’Italie à soutenir la Tunisie, qui est considérée comme un maillon essentiel de la stabilité de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord. La visite de Mme Meloni à Tunis constitue sa quatrième visite officielle en l’espace d’un an, ce qui témoigne de la consolidation des liens bilatéraux.

Le renforcement des relations avec le gouvernement du président Kaïs Saïed met en évidence l’importance reconnue par l’UE, en grande partie sous l’impulsion des efforts italiens, des relations avec la Tunisie.

Selon les analystes, la principale raison qui motive les Européens à s’intéresser au pays est la vague d’arrivées de migrants clandestins en provenance de Tunisie vers l’Italie depuis l’automne dernier. En 2023, plus de 50 % des départs vers les côtes italiennes provenaient de Tunisie, inversant ainsi une tendance qui a longtemps fait de la Libye le principal point de départ en Méditerranée centrale.

L’UE et la Tunisie ont signé le 16 juillet un mémorandum visant, entre autres, à lutter contre les arrivées de migrants clandestins en provenance de la Méditerranée. Des accords similaires ont récemment été signés avec l’Égypte.

Toutefois, ces initiatives ne sont pas sans susciter des critiques. Le porte-parole d’Amnesty International Italie, Riccardo Noury, a affirmé que les accords visant à externaliser le contrôle aux frontières avec les États du sud de la Méditerranée récompensent les gouvernements qui violent les droits humains.

« Celui avec la Tunisie l’est d’autant plus qu’il va récompenser un dirigeant, le président Kaïs Saïed, dont la rhétorique raciste et xénophobe est devenue un facteur d’incitation à quitter le pays. Ces accords n’empêchent pas les départs, ils ne font que les rendre plus meurtriers », a-t-il déclaré.

Le Pacte sur l’asile et la migration a été adopté « au détriment des droits humains », avertit Amnesty International

Le Pacte sur l’asile et la migration adopté par le Parlement européen mercredi va « affaiblir le droit d’asile » et inscrire dans la loi une approche défaillante de la question migratoire européenne, a alerté Eve Geddie, cheffe du bureau de Bruxelles d’Amnesty International.

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