Pour rester en Suède, il faudra maintenant faire preuve d’un « mode de vie honnête »

Les actes susceptibles d’entraîner la révocation d’un permis de séjour et l’expulsion sont notamment la fraude à l’aide sociale, les dettes ou les liens avec la criminalité en bande ou les activités terroristes. [Shutterstock/connel]

La Suède envisage de renforcer ses exigences relatives à un « mode de vie honnête » pour les étrangers qui souhaitent rester dans le pays, la coalition de centre droit et son allié d’extrême droite ayant annoncé mardi (21 novembre) leur intention d’ouvrir une enquête sur le sujet.

Les dettes élevées, les liens étroits avec des gangs criminels et un mode de vie malhonnête pourraient bientôt devenir des motifs d’expulsion en Suède, alors que le gouvernement de centre droit (modérés, démocrates-chrétiens et libéraux) et les Démocrates de Suède (SD) d’extrême droite veulent scruter le vie des étrangers lorsqu’il s’agit de leur droit de rester en Suède.

« Une condition fondamentale pour une intégration réussie est que les personnes qui veulent vivre en Suède […] vivent de manière honnête et ordonnée », a déclaré la ministre des Migrations, Maria Malmer Stenergard, en annonçant l’ouverture d’une enquête pour étudier l’éventuelle révocation des permis de séjour, et ce, non seulement pour des délits, mais aussi pour « d’autres manquements dans le mode de vie » des étrangers.

Les actes susceptibles d’entraîner la révocation d’un permis de séjour et l’expulsion sont notamment la fraude à l’aide sociale, les dettes ou les liens avec la criminalité en bande ou les activités terroristes.

« En ce qui concerne les dettes, les lignes directrices mettent l’accent sur l’exigence de moyens de subsistance honnêtes. Le non-respect des obligations de paiement peut être à l’origine de la révocation d’un permis de séjour », a ajouté Mme Stenergard.

La focale sera aussi mise sur la protection de « principes démocratiques », affirme la ministre. « Si vous avez participé à des activités visant à saper nos principes démocratiques, vous avez toutes les raisons de vous inquiéter », a-t-elle déclaré.

Différents partis, différentes conceptions

Tout en s’accordant sur la nécessité d’accroître la pression sur les étrangers en ce qui concerne leurs mœurs, la coalition gouvernementale suédoise peine encore à se mettre d’accord sur ce qui constitue un « mode de vie malhonnête » et sur les personnes qui devraient ou ne devraient pas être incluses dans cette catégorie. La prostitution a par exemple été exclue.

« Il était très important pour les libéraux qu’il soit clair que cela n’affecterait pas les personnes vulnérables », a déclaré Paulina Brandberg, ministre suédoise de l’Égalité.

Mais l’absence de mention explicite de la prostitution ne signifie pas qu’elle ne peut pas être incluse, a déclaré le porte-parole du SD, Ludvig Aspling.

« Un principe de base pour vivre en Suède avec un permis de séjour est d’avoir des moyens de subsistance honnêtes, et la prostitution n’est pas un moyen honnête de gagner sa vie », a-t-il expliqué.

L’étude commandée par la coalition au pouvoir devrait être achevée d’ici le 15 janvier 2025.

Suède : d’anciens combattants djihadistes travaillent dans des écoles

Selon une enquête en Suède, d’anciens djihadistes de l’État islamique travaillent désormais dans des centres de loisirs, des écoles maternelles et pour les services sociaux, ce qui a incité la ministre suédoise de l’Éducation, Lotta Edholm, à qualifier de « naïve » la politique du pays.

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