Bullmann: il est juste que la Wallonie ait son mot à dire sur le CETA

Udo Bullmann

Pour l’eurodéputé Udo Bullmann, faire dépendre les accords comme le CETA de l’accord des régions, comme la Wallonie, n’est pas une mauvaise idée. Un article de Der Tagesspiegel.

Udo Bullmann est un eurodéputé S&D allemand (SPD) et membre de la délégation dédiée aux relations avec le Mercosur.

Le véto de la Wallonie pourrait faire capoter l’accord CETA, entre l’UE et le Canada. Est-il juste qu’une petite région de 3 millions d’habitants puisse bloquer un tel accord ?

La Wallonie soulève des questions qui ne concernent pas qu’elle. Je veux que nous négociions un bon accord. Cela inclut des solutions aux problèmes constatés par le parlement wallon.

Le CETA aurait-il dû ne pas être un accord mixte, sur lequel les parlements régionaux et nationaux ont un droit de véto ?

Non, il était juste d’en faire un accord mixte, parce que le CETA touche à de très nombreux éléments des intérêts nationaux, comme la protection des investisseurs. Étant donné l’ampleur de la nature du débat en Allemagne, il était juste que soient impliqués à la fois le Bundestag [parlement] et le Bundesrat [conseil des 16 Landen].

NDLR : Le 25 octobre, Guy Verhofstadt a déclaré que les ministres du Commerce européens pourraient revenir sur leur décision de faire du CETA un accord mixte, ce qui éliminerait le véto wallon. Ce serait aussi « une très bonne décision », selon le dirigeant de l’ALDE.

>> Lire : Le sommet UE-Canada «toujours possible» malgré le non de la Belgique

Au final, le libre-échange est-il bénéfique ou nuisible ?

Cela dépend des règles qui l’encadrent. Je suis absolument favorable à ce que la législation sur le commerce extérieur soit un instrument de promotion de davantage d’humanité, de la protection des travailleurs et de la durabilité. C’est pourquoi le libre-échange doit répondre à des règles strictes.

>> Lire : Malgré les pressions, la Wallonie tient bon contre le CETA

En tant qu’eurodéputé, vous devrez également bientôt vous prononcer sur le CETA. Le Parlement européen va-t-il approuver ou rejeter l’accord ?

Les élus SPD ne diront oui que si certaines conditions, strictes, sont respectées, comme nous l’avons expliqué lors de la conférence du parti à Wolfsburg le mois dernier.

Sur quels secteurs principaux vous êtes-vous concentrés dans vos conseils au Parlement ?

Nous avons indiqué que nous ne voulons pas que la protection des investisseurs influence de quelque façon que ce soit notre législation. Nous voulons aussi nous assurer que les services municipaux sont protégés. Il ne peut y avoir de restriction sur l’offre de services pertinents aux citoyens de la part des États. Il est également nécessaire que le droit du travail soit respecté.

>> Lire : La Bulgarie et la Roumanie restent hésitantes sur le CETA

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.