Antonio Tajani veut plus d’entrepreneurs pour relancer la croissance

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Davantage d’entrepreneurs sont nécessaires pour stimuler la croissance et l’emploi, a indiqué la Commission européenne hier (9 janvier) lors de la publication d’un plan d’action destiné à « révolutionner la culture d’entrepreneuriat en Europe ».

 

Le plan d'action pour l'entrepreneuriat 2020, lancé par, Antonio Tajani, le commissaire en charge de l'industrie et de l'entrepreneuriat, a mis en évidence le rôle essentiel de l'éducation et de la formation, dans l’optique de favoriser l’émergence de nouvelles générations d’entrepreneurs.

Il prévoit des mesures spécifiques d’aide aux jeunes, aux femmes, aux personnes âgées, aux migrants et aux chômeurs désireux de créer leur propre entreprise.

Le commissaire a déclaré que l’exécutif européen voulait que l’entrepreneuriat devienne « une perspective attrayante et accessible » pour les Européens.

« Nous parlons avant tout de la transmission d'un message politique fort de la part de la Commission européenne. Dans le cadre du nouveau lancement de la politique industrielle, nous voulons nous concentrer sur les entrepreneurs, présenter de nouvelles idées et de nouvelles manières de considérer l'entrepreneuriat », a indiqué M. Tajani lors d'une conférence de presse.

La communication de la Commission vise à améliorer l'accès aux financements, à réduire la bureaucratie et à donner une seconde chance aux entreprises victimes de faillite en raison de retards de paiement.

« Nous avons essayé de présenter une proposition pour lever les obstacles en vue de permettre à notre économie de croître et de lutter efficacement contre la crise », a ajouté le commissaire italien.

Encourager davantage de personnes à devenir entrepreneurs ne devrait pas constituer le plus grand obstacle. Près de 4 Européens sur 10 aimeraient être leur propre patron s'ils le pouvaient, selon une enquête de l'Eurobaromètre.

Si ce potentiel était exploité, la Commission estime que des millions de nouvelles entreprises pourraient venir s’ajouter aux quelque 21 millions de petites et moyennes entreprises (PME) de l’Union européenne.

Meilleur accès aux financements

L'accès aux financements constitue toujours l'une des contraintes les plus importantes pour les entrepreneurs, surtout au cours des premières étapes de la création d'une entreprise.

La Commission désire soutenir des programmes destinés au développement d’un marché européen de microfinancement et les rendre disponibles pour les États membres et des régions.

Grâce au développement d'un régime européen pour des places spécialisées dans l'échange d'actions et d'obligations émises par les PME, la Commission souhaite également faciliter un accès direct des PME au marché des capitaux.

« Un accès direct pour les PME aux marchés des capitaux pour des actions et des obligations [qui leur sont] directement destinés sera mis en place pour leur permettre un accès aux instruments financiers. Nous ne parlons pas des échanges locaux pour les PME, mais d'un pas dans la direction de ce qu'on appelle les miniactions et miniobligations », a expliqué M. Tajani aux journalistes.

Les 27 États membres de l'UE sont sommés de modifier rapidement leur législation pour faciliter d'autres nouvelles formes de financement des jeunes entreprises. Ils sont également invités à faire appel aux ressources des fonds structurels de l'UE pour mettre en place des mécanismes de soutien au microfinancement.

M. Tajani a indiqué qu'il espérait que le prochain budget de l'UE de 2014-2020 inclurait 80 milliards d'euros pour l'innovation et la recherche et 2,4 milliards d'euros pour le Programme pour la compétitivité des entreprises et des PME pour que les PME utilisent cet argent.

L'éducation à l'entrepreneuriat pour les étudiants

Le commissaire italien a souligné que l'UE voulait également introduire des programmes de cours dédiés à l'entrepreneuriat dans les écoles de tous les pays.

La Commission collabore actuellement avec l'Organisation de coopération et de développement économiques sur des lignes directrices détaillant l'introduction de cours et de formations à l'entrepreneuriat dans des universités. Ces cours et formations expliqueraient également la manière dont les étudiants peuvent acquérir de l'expérience en entreprise.

Des études révèlent qu'entre 15 et 20 % des étudiants qui prennent part à un programme « minientreprise » au cours de leur cursus secondaire créent plus tard leur propre entreprise. Ces chiffres sont de trois à cinq fois plus élevés que pour la population normale.

« Trop d'Européens sont des entrepreneurs réticents, non pas en raison de caractéristiques génétiques, mais parce qu'ils ont été conditionnés pour aspirer à un emploi "sûr" », a déclaré Arnaldo Abruzzini, le secrétaire général d'EuroChambres.

« La Commission a raison d'insister pour que les systèmes nationaux d'enseignement fassent la promotion de l'entrepreneuriat en tant qu'alternative attrayante et viable et préparent les jeunes à entamer cette carrière. »

Luc Hendrickx, le directeur de la politique d'entreprise à l'UEAPME, l'organisation qui représente l'artisanat et les petites et moyennes entreprises, a déclaré :

« Le plan d'action dévoilé aujourd'hui par la Commission peut replacer l'entrepreneuriat au sommet de l'agenda et doit être mis en place dès que possible. Confrontés à la crise, les décideurs politiques se sont rendus compte de l'importance d'un secteur privé prospère et de la suppression des charges inutiles. L'Europe ne se redressera pas sans davantage d'entrepreneurs. »

« Le plan d'aujourd'hui couvre plusieurs priorités principales à cet égard. Il s'agit d'un appel fort à l'action lancé aux États membres, qui doivent travailler davantage sur plusieurs questions, à commencer par des marchés du travail plus modernes. D'autres chapitres sont également dans la ligne de mire, par exemple, les transferts d'entreprise et l'importance de l'apprentissage à l’entrepreneuriat, non seulement pour les futurs entrepreneurs, mais aussi pour tous les jeunes. La formation en continu constitue un autre élément clé, car il s'agit d'une condition préalable à toute activité d'entrepreneuriat fructueuse », a-t-il ajouté.

Anna Darmanin, la vice-présidente du Comité économique et social européen, a déclaré récemment dans un commentaire :

« Malgré le malaise économique qui a saisi l'Europe et le monde ces dernières années, on pourrait soutenir qu'il n’a jamais existé de meilleure période dans l'histoire pour être entrepreneur et lancer une entreprise.

« L'Internet le permet, car il n'y a pratiquement pas d'infrastructure pour que les produits et les services accèdent immédiatement aux marchés internationaux. Les outils de développement que les grandes sociétés avaient l'habitude de payer très cher, comme les logiciels de communications interne, de gestion de la chaîne d'approvisionnement et des relations, peuvent désormais être obtenus auprès de fournisseurs en ligne pour seulement 15 euros par mois. »

« Dans ce monde mondialisé où l'adaptation et la créativité sont essentielles à la survie des entreprises, ACCA soutient pleinement l'appel de la Commission européenne lancé aux États membres afin de créer le bon environnement en vue de permettre à des millions d'Européens de lancer une entreprise s'ils le souhaitent » a déclaré Rosana Mirkovic, directrice de la politique sur les PME pour l'Association of Chartered Certified Accountants (ACCA).

« Nous reconnaissons toutefois que cela demandera un changement culturel réel de la mentalité des législateurs et des citoyens de l'UE, accompagné de mesures concrètes, courageuses et solides. Il est surprenant de voir qu'alors que seuls 11 % des citoyens européens sont des entrepreneurs, 45 % aspirent à être leur propre patron. L'UE est en retard par rapport à ses concurrents en ce qui concerne les attitudes entrepreneuriales », a-t-elle conclu.

 

Le président de l'Alliance européenne des petites entreprises (ESBA), David Caro, a déclaré :

« Le plan d'action pour l'entrepreneuriat reflète plusieurs des obstacles actuels pour les entreprises, comme l'a signalé le secteur. Un retour à une économie européenne prospère peut seulement être atteint si nous parvenons à créer une réelle culture d' entrepreneuriat en Europe. Bien souvent des projets brillants et viables ne se concrétisent pas en raison d'un manque de connaissance, de mécanismes de soutien inférieurs aux normes requises, et régime d'insolvabilité rigoureux, ce qui diminue la prise de risque [...]. Afin de favoriser l'innovation et la création d'emploi, nous devons chérir nos entrepreneurs. »

Depuis 2008, l'Europe subit les conséquences de la crise économique la plus grave de ces cinquante dernières années. Pour la première fois en Europe, plus de 25 millions de personnes sont au chômage.

De nouvelles sociétés, principalement de petites entreprises, représentent la source d'emploi la plus importante. Elles créent plus de 4 millions de nouveaux emplois chaque année en Europe, selon la Commission européenne.

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