Erasmus étend la mobilité aux jeunes entrepreneurs

Un programme communautaire invite les créateurs d’entreprises à acquérir de nouvelles compétences à l’étranger en travaillant dans une PME européenne. Une bourse est octroyée aux candidats retenus.

« Nous souhaitons avoir une approche pragmatique et apprendre sur le terrain. » C’est en Angleterre que ce jeune entrepreneur toulonnais compte faire ses armes pour développer une entreprise de pyromécanique (Supraméca), créée en janvier 2009.

Des projets de cette nature peuvent désormais germer dans la tête des primo-créateurs d’entreprises pour lesquels l’UE a lancé un programme Erasmus consacré à la mobilité.

Destiné à l’origine aux étudiants, Erasmus est ouvert depuis février 2009 aux jeunes entrepreneurs désireux de créer leur entreprise ou qui l’ont fait au cours des trois dernières années.

Le programme constitue l’un des instruments de mise en œuvre du « Small Business Act », initiative communautaire visant à dynamiser le marché européen des PME (EURACTIV.fr, 08/12/2008). L’organisation du séjour des jeunes entrepreneurs est gérée localement par une centaine d’organismes implantés sur le territoire européen, dont une dizaine en France.

Daniel Simonato, chargé de mission Europe au centre européen d’entreprise et d’innovation multipolaire d’Aix-en-Provence, anime l’un de ces points de contacts régionaux. Ayant appuyé l’entrepreneur toulonnais dans ses démarches, il a également participé à la venue d’un Espagnol qui intègrera une structure artistique dans le Gard dans les semaines à venir.

« Pour le moment, nous disposons de onze profils dans notre base, précise-t-il. Nous recevons des candidatures de primo-créateurs étrangers que nous mettons en relation avec des entrepreneurs expérimentés installés en France », explique M. Simonato. Mais les candidats français peuvent également s’adresser à eux, car « nous travaillons en réseau avec les autres organismes intermédiaires européens à qui nous transmettons les demandes », ajoute-t-il.

Pour que le jeune entrepreneur trouve chaussure à son pied, il faut qu’il puisse faire valoir des compétences techniques susceptibles d’être appréciées par une PME européenne. « Les profils d’ingénieur sont très recherchés », explique M. Simonato.

La France en queue de peloton

La mobilité peut également s’envisager dans le cadre de partenariats interentreprises. Ce fut le cas pour les fondateurs de Supraméca, qui aspirent à promouvoir leurs équipements énergétiques adaptés aux secteurs de la sécurité et de la défense grâce à leur partenaire d’Outre-Manche. « Nous avons mis en place un plan commercial », explique l’un des responsables, « pour que l’entreprise nous aide à vendre nos équipements ».

Le programme européen autorise les formules sur mesure. Les porteurs de projets innovants peuvent effectuer un séjour d’une traite pendant un à six mois ou opter pour des allers-retours entre leur pays d’origine et leur destination. C’est l’approche privilégiée par Supraméca  : « Nous pensons aller en Angleterre une à deux semaines par mois pendant six ou sept mois pour mener des projets concrets comme la participation à un salon qui permettra de parler du produit aux clients potentiels », souligne l’un des responsables.

Pour le cas type d’un entrepreneur français désirant effectuer un séjour au Royaume-Uni dans le cadre du programme, la bourse octroyée s’élève à 1000 euros par mois pour un contrat à temps plein. Les montants fluctuent en fonction des États, la fourchette se situe entre 560 euros en Lituanie ou en Roumanie et 1100 euros au Danemark. Il est de 900 euros pour la France.

L’Hexagone n’apparaît pas le plus enthousiaste dans la mise en œuvre du programme. Seules 62 candidatures ont été enregistrées (jeunes entrepreneurs et entreprises d’accueil compris) parmi les 1029 inscriptions qu’Eurochambres a comptabilisées à l’échelle de l’UE.

L’une des raisons invoquées renvoie à la faiblesse numérique des relais régionaux implantés sur le territoire français  : on en dénombre seulement 9 contre 18 en Italie ou 27 en Espagne. De grandes régions telles que l’Aquitaine ou Midi-Pyrénées en sont totalement dépourvues. Résultat  : les candidats ne se bousculent pas au portillon puisqu’ils n’ont même pas connaissance des opportunités offertes par le programme.

La Commission européenne s’apprête à soumettre de nouveaux appels d’offre afin de préparer la deuxième phase de mise en œuvre du programme en janvier 2010. Toutes les structures actives dans le secteur de l’entreprise y sont éligibles.

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