Le Mercosur juge l’offre d’accord commercial de l’UE insatisfaisante

Jorge Taiana [UNASUR/Flickr]

Le président du parlement du Mercosur, Jorge Taiana, a affirmé que l’offre actuelle de l’Union européenne pour l’accord UE-Mercosur était « peu satisfaisante » et qu’il ne serait pas signé en l’état. Un article d’EURACTIV Espagne.

Jorge Taiana, Argentin d’origine et président du parlement du Mercosur (Parlasur) a regretté que les négociations prennent autant de temps – atones depuis 2004, elles ont repris cette année – mais a insisté sur le fait qu’en « l’absence d’un accord équilibré », rien ne serait signé.

Ses commentaires font référence aux exigences de l’UE, qui offre des « parts de marché assez réduites pour des produits sans aucun degré d’élaboration », mais demande que « le Mercosur ouvre son industrie et ses services », ce qui a des conséquences négatives sur la « perspective d’un développement intégré et équilibré ».

Il a ainsi ajouté qu’il avait une « vision très peu optimiste des possibilités d’avancées » à cause de la crise économique dans laquelle était plongée l’Europe depuis presque dix ans et qui l’empêchait de changer de posture.

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Dans cette situation, l’Argentin a affirmé qu’il était plus viable pour les pays latino-américains de se pencher vers des accords régionaux encourageant l’échange de matières et de services entre eux.

Dans le cas de l’Argentine, Jorge Taiana a souligné la relation commerciale que le pays a avec la Chine et qui « ne va pas changer », quelle que soit la manière dont aboutissent les négociations avec l’UE.

Bernd Lange, eurodéputé allemand pour le parti social-démocrate, et président de la commission commerce international, a exprimé un avis similaire : « Le moment propice [à la signature de l’accord] n’est toujours pas décidé et personne ne sait quand l’accord sera conclu ».

D’un autre côté, l’eurodéputé s’est montré plus optimiste en déclarant espérer que les nouvelles négociations « ne prennent pas autant de temps » que les négociations entre l’UE et le Canada pour le CETA, signé dimanche dernier après sept années de tractations.

>> Lire : La signature du CETA sous haute tension

Selon Bernd Lange, ce monde de plus en plus mondialisé est une bonne raison pour développer des accords qui « configurent » ce phénomène mondial et n’encouragent pas tant le libre-échange – plus centré sur les bénéfices économiques « du plus fort » – mais plutôt « le commerce équitable ».

Il a ainsi rappelé que la prochaine rencontre avec les représentants du Mercosur aurait lieu en mars prochain et a souligné l’important rôle du Parlement européen, « un acteur clé » pour gérer la relation entre les deux parties.

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Jorge Taiana heads up Mercosur's parliament, which is comprised of 81 MPs, 18 from each member state and 9 from candidate member Venezuela. It was established to boost the political autonomy of the trading bloc and its first session was held in early 2007.

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