L’Allemagne affirme que ses exportations profitent à la zone euro

Container terminal Altenwerder, Germany. January 2008 [Flickr/riko.jennrich]

Container terminal. Altenwerder, January, 2008. [riko jennrich/Flickr]

Les exportations allemandes, qui sont dans le viseur de la Commission, vont encore croître en 2014. L’Allemagne estime que la zone euro tire profit de ses recettes à l’export.

L’excédent d’exportation allemand continuera d’augmenter en 2014, ce qui contribuera, selon certains experts, à déséquilibrer la zone euro dans sa globalité. 

Cependant, selon Anton Börner, président de la BGA, fédération des exportateurs allemands, sans l’excellente santé économique de l’Allemagne, l’euro ne serait plus.

Le président de la BGA répond aux nombreuses critiques, notamment en provenance de Bruxelles, dont fait l’objet l’Allemagne, qui devrait réduire son excédent d’exportation et renforcer la consommation intérieure afin de stabiliser la zone euro.

Mais selon Anton Börner, les pays de la zone euro auraient été depuis longtemps dans une profonde crise, car ils « vivent grâce à l’Allemagne qui accepte de réduire ses exportations pour leur ouvrir les portes du marché mondial », juge l’expert. À ses yeux, ceux qui soutiennent que l’Allemagne vit aux dépens de l’Europe « ne comprennent simplement pas ».

Le président de la BGA explique qu’il n’est pas rare que certains pays jouent le rôle de plateforme d’exportation pour d’autres. Aux États-Unis, illustre-t-il, « il existe de nombreuses disparités entre les États américains, qui possèdent également une monnaie commune ».

« L’existence de l’union monétaire nous aide », insiste Anton Börner.

Plus d’importation, mais aussi plus d’exportation

La croissance des exportations devrait être de 3 % pour l’Allemagne pour l’année qui vient, soit 1 130 milliards d’euros, selon les estimations de la BGA. Sur la même période, les importations allemandes devraient augmenter de 2 % pour atteindre 914 milliards d’euros. En fin de compte, l’excédent commercial sera de 215 milliards d’euros cette année.

Ce mardi 25 mars, le ministère fédéral allemand de l’Économie (BMWi) et l’association pour les affaires économiques extérieures Germany Trade & Invest (GTAI) ont donné la liste des marchés les plus importants pour les exportations allemandes : la Chine, la Colombie, la Corée du Sud, le Ghana, l’Indonésie et le Royaume-Uni.

Lors d’une conférence de presse commune, le gouvernement allemand a déclaré que ces six pays méritaient toute l’attention du secteur des exportations.

La zone euro est malade

Parmi les six marchés cités, seul le Royaume-Uni est dans l’Union européenne. Mais une proportion importante des exportations allemandes s’écoulent au sein de l’eurozone, et ne sont pas qualifiées d’exportations pour cette raison.

Alors que l’excédent commercial de l’Allemagne continue de progresser, les exportations vers l’UE ont diminué de 13 % en 2011, soit de 108 milliards d’euros. Si l’on prend en considération la zone euro seule, alors le déclin est encore plus marqué et s’élève à 29 %.

« Je dois d’autant plus  porter des objections face aux critiques faites contre les exportations allemandes», s’énerve Anton Börner. Selon lui, les exportations de la République fédérale allemande en comparaison de la moyenne de la zone euro n’ont jamais été aussi basses depuis dix ans.

Pour sa majeure partie, le déclin de l’excédent commercial de l’Allemagne est la résultante non d’une baisse des exportations, mais au contraire d’une augmentation des importations, met au clair le président de la BGA. Ces trois dernières années, les importations en provenance des États membres de l’UE sont en effet passées de 506 milliards à 515 milliards d’euros, alors que sur la même période les exportations ont baissé de 630 milliards d’euros à 623 milliards d’euros.

L’Allemagne exporte plus que ce qu’elle importe, et ce, depuis 1952 et n’a connu qu’un déficit commercial que dans les premières années qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale. Son excédent commercial est nettement plus élevé que celui de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni.

L’ancien gouvernement d’Angela Merkel avait désapprouvé les critiques américaines faites dans le cadre d’un rapport semi-annuel remis par l’administration Obama au Congrès américain. Le rapport stipulait notamment que l’Allemagne devait augmenter ses importations.

Les Allemands ont indiqué que la plus grande économie européenne avait réduit de plus de la moitié son excédent commercial avec la zone euro afin de partager le PIB depuis 2007.

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