L’élargissement de 2004 n’a pas eu d’impact négatif sur l’économie allemande

C'est notamment dans le secteur de la construction que les travailleurs sont le plus exploités. [digital cat/Flickr]

Les entreprises allemandes craignaient la concurrence des nouveaux entrants. Mais la plupart des secteurs économiques n’ont subi aucun effet négatif. Un article d’EURACTIV Allemagne.

L’élargissement de 2004 n’a eu quasiment aucun effet négatif sur les entreprises allemandes. L’arrivée des nouveaux États membres n’a provoqué que très peu de changements, selon une étude publiée récemment par l’Institut de conjoncture économique de Cologne (IW).

 L’analyse consistait en une étude comparative entre deux sondages. Le premier, réalisé au début de l’année 2004 et le second mené dix années plus tard. Lors du premier sondage, un tiers des entrepreneurs allemands prédisait en 2004 que les importations d’Estonie, de Hongrie, de Lettonie, de Lituanie, de Pologne, de République Tchèque et de Slovénie augmenteraient sensiblement et auraient un impact significatif sur le chiffre d’affaires des entreprises allemandes.

 

Les nouveaux États membres présentaient un revenu salarial inférieur de plus d’un tiers par rapport aux pays occidentaux. Un quart des entreprises d’Allemagne de l’Est projetait aussi des restructurations importantes face à cette nouvelle concurrence.

 Mais un an après l’élargissement, les craintes allemandes s’avéraient déjà infondées. La concurrence était en réalité moins forte que prévue en 2005.Une concurrence plus agressive sur les importations, des paiements anticipés moins onéreux, et des délocalisations massives vers l’Europe centrale et orientale… Toutes ces prévisions se sont en fait manifestées dans des proportions plus faibles que prévues.

Parmi les entreprises sondées en 2014, seulement une sur dix a déclaré subir une concurrence rude en provenance d’entreprises d’Europe centrale ou orientale situées en Allemagne. Elles ajoutent qu’elles ne reçoivent pas une augmentation du nombre  d’importations issues de ces régions européennes. Près de deux tiers des entreprises interrogées ont déclaré ne pas souffrir de telles évolutions concurrentielles. Elles avaient d’autres craintes qui ne se sont concrétisées non plus.

Industrie et construction touchés

Néanmoins, certains secteurs ont été plus fortement touchés. C’est le cas notamment de l’industrie et de la construction qui ont essuyé de plein fouet les conséquences de l’élargissement, contrairement au secteur tertiaire.

Selon l’Institut de Cologne, 44 % des entreprises industrielles ont été contraintes de façon plus ou moins forte à procéder à une rationalisation structurelle en 2014. Quelque 54 % des entreprises actives dans la construction ont déclaré que les entreprises en provenance d’Europe centrale et orientale ont provoqué un durcissement considérable de la concurrence sur le territoire allemand.

Selon l’étude de 2014, les entreprises allemandes ne perçoivent quasi aucun impact négatif de l’élargissement vers l’est. Elles ne dramatisent pas non plus les effets économiques sur les entreprises allemandes.

Au vu de cette étude comparée de 2014, les chercheurs arrivent à la conclusion que les craintes relatives à l’ouverture des marchés à l’est et à l’innovation économique ne se sont pas concrétisées la plupart du temps . Un résultat qui pourrait à l’avenir peser dans la balance lors des discussions sur de nouvelles adhésions ou encore sur l’immigration de travailleurs qualifiés.

Depuis le « big bang » de 2004-2007, l'élargissement de l'UE s'est quelque peu essoufflé. Dans ses rapports annuels volumineux, la Commission européenne se penche sur l'état des relations entre les pays souhaitant rejoindre l'Union et Bruxelles.

La Macédoine, le Monténégro, la Serbie et la Turquie sont des « pays candidats ». L'Albanie, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo sont des « candidats potentiels », dans le jargon européen.Le Monténégro a entrepris les négociations d'adhésion avec la Commission. La Serbie espère pouvoir en faire autant dans un avenir proche, au plus tard en janvier 2014.Les négociations avec l'Islande sont pour l'instant suspendues.

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