L’euro a la cote dans le contexte de la crise [FR]

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Le Danemark, l’Islande et la Pologne lorgnent de plus en plus vers l’euro, leur monnaie respective ayant chuté dans le sillage de la débâcle financière qui s’est abattue sur le continent. Reste à savoir si la monnaie unique peut offrir un abri sûr contre la crise. 

Hier 27 octobre, le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que dans le contexte de crise mondiale, il vaut mieux figurer parmi les forts, d’être avec eux et d’exercer une influence sur leurs décisions.

La Pologne devrait présenter aujourd’hui un calendrier pour joindre la zone euro d’ici 2012. Sa monnaie, le zloty, a en effet perdu 10 % par rapport à l’euro au cours de ces derniers jours. 

La situation de l’Islande est encore pire puisque la couronne a plongé de 40 % après la faillite récente du secteur financier en plein essor du pays, forçant Reykjavik à demander 5 milliards d’euros de prêts internationaux. 

Malgré la résistance traditionnelle de la population islandaise à l’adhésion à l’UE – essentiellement en raison du puissant lobby anti-européen des pêcheurs –, 72,5 % des Islandais sont désormais en faveur de l’adoption de l’euro. C’est du moins ce qu’indique un sondage publié par le quotidien Frettabladid. 

Au Danemark, la crise a également rouvert le débat sur l’euro, alors que les investisseurs internationaux semblent se tourner vers des monnaies plus fortes, et peut-être plus sûres. Les Danois avaient rejeté la monnaie unique en 2000, mais la crise semble susciter un regain d’intérêt pour l’euro. Le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen a déjà annoncé son attention d’organiser un nouveau référendum sur la question avant 2011 (EURACTIV 23/11/07
). Hier, il a signalé qu’il était tout à fait évident que le Danemark souffrirait s’il restait hors de la zone euro durant la crise actuelle. 

Un abri sûr ?

Reste encore à voir si l’euro peut offrir un abri sûr contre la crise. En effet, la monnaie unique a chuté hier à son taux le plus bas depuis deux ans face au dollar à l’heure où la récession menace et où la Banque centrale européenne pourrait abaisser ses taux d’intérêts la semaine prochaine. 

Un grand nombre d’investisseurs sont également préoccupés par le fait que les banques européennes puissent investir dans les marchés émergeants, par exemple en Ukraine et en Hongrie, qui ont demandé de l’aide au Fonds monétaire international. 

La chute de l’euro favorisera-t-elle les affaires ?

Néanmoins, une lueur d’espoir transperce la morosité ambiante, selon BusinessEurope, l’association des employeurs européens. Même si BusinessEurope prévoit une croissance économique de 0,2 % pour la zone euro l’année prochaine (contre1,8 % en 2008), l’association insiste sur le fait que la chute de l’euro par rapport au dollar, parallèlement à la chute des prix du pétrole, est positive pour les exportations.  

Des pertes d’emploi majeures prévues pour 2009

Dans l’ensemble, les perspectives sont toutefois plutôt maussades. Selon BusinessEurope, l’UE pourrait subir la suppression de près de 1,1 million d’emplois l’année prochaine, situation qui contraste grandement avec l’année 2008, durant laquelle quelque 2 millions d’emplois ont été créés. 

Un certain nombre d’entreprises, notamment dans  le secteur de la production automobile, ont annoncé la fermeture temporaire ou partielle de leurs usines ainsi que des baisses de la production, la récession commençant à avoir une influence sur la demande des consommateurs.  

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