L’Europe salue son leadership dans la recherche sur les origines de l’univers [FR]

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Le projet scientifique le plus compliqué et le plus ambitieux à avoir vu le jour a conclu hier avec succès sa première expérience majeure au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN). A la pointe d’une révolution dans la physique des particules, le Large Hadron Collider (LHC) devrait faire la lumière sur les conditions qui existaient juste après le big bang.

La mise en route réussie du LHC, un accélérateur de particules permettant d’étudier « les composants fondamentaux de la matière », a été saluée par la présidence française de l’UE, qui la considère comme « un très grand succès pour l’Europe, qui montre son leadership mondial dans des domaines majeurs de la science ».

Le 10 septembre, les premiers faisceaux ont parcouru la totalité des 27 kilomètres du tunnel de l’accélérateur, situé sur la frontière franco-suisse. Cet événement a été accompagné d’allégations alarmistes quant à l’éventuelle création de trous noirs possédant assez de gravitation pour engloutir la Terre. Mais un rapport de sécurité publié le 5 septembre avait prouvé que de telles craintes au sujet de l’accélérateur étaient infondées. 

« Le LHC ne présente absolument aucun danger », a déclaré Jos Engelen, le directeur scientifique du CERN. « La nature a déjà connu l’équivalent d’une centaine de milliers de programmes d’expérimentation semblables à celui du LHC – et la Terre est toujours là ». 

L’expérimentation devrait aider les scientifiques à comprendre les origines de l’univers et à découvrir de quoi sont faits les 96 % de l’univers, à savoir la « matière noire ». Les connaissances actuelles sont limitées aux particules ordinaires, qui forment 4 % de l’univers et qui constituent tout ce que nous voyons, « des fourmis aux galaxies ». 

Les résultats devraient également être essentiels pour diverses applications directes dans des domaines tels que le calcul intensif et la médecine. Le CERN collabore déjà avec des milliers de scientifiques à travers le monde afin de mettre en œuvre une infrastructure distribuée de stockage et de traitement des données : la grille de calcul LHC (LCG). La grille LCG sert également de support de production primaire pour le projet européen de grille multi-science appelé « Enabling Grid for E-scienceE » (EGEE).

Janez Poto?nik, commissaire européen à la Science et à la recherche, a décrit l’expérimentation comme l’illustration de l’excellence scientifique que l’Europe peut atteindre en renforçant la collaboration scientifique entre les divers pays de l’UE ainsi qu’entre l’Europe et le reste du monde. La Commission détient le statut d’observateur au CERN alors que 18 Etats de l’UE sont membres à part entière. 

L’exécutif européen a financé le LHC, un projet de plusieurs milliards d’euros, à hauteur de quelque 40 millions d’euros au travers de ces programmes cadres de recherche et de développement. Le lancement officiel du LHC, dont le concept avait été approuvé pour la première fois en 1994, aura lieu le 21 octobre à Genève. Les premières collisions à haute énergie devraient se dérouler après cette date.

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