La France trouve 8 milliards à verser au plan Juncker

L'arrêt du projet Lyon-Turin fait partie du projet d'accord entre Yannick Jaodt et Benoît Hamon © Shutterstock

Le président français a annoncé que la Caisse des Dépôts et la Banque Publique d’Investissement allaient contribuer pour 8 milliards d’euros au plan Juncker. L’Allemagne a déjà promis 15 milliards et l’Espagne 1,5 milliards.

«Pour faire un effet levier, le plan Juncker doit appeler d’autres contributions –des contributions publiques, des contributions financières, des contributions privées– et j’ai annoncé que la France allait, par la Caisse des dépôts (CDC) et la Banque publique d’investissement (BPI), y ajouter huit milliards d’euros», a déclaré M. Hollande.

Il s’exprimait en présence du président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Werner Hoyer, dans le cadre d’une visite officielle au Luxembourg.

«L’objectif est de faire en sorte que ces financements puissent être immédiatement utilisés, notamment grâce à des formules de préfinancement que la Banque européenne d’investissement va mettre en place», a précisé M. Hollande.

Ces huit milliards permettront de «co-financer des projets sélectionnés dans le cadre du plan d’investissement lancé par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker », d’un montant de 315 milliards d’euros, a précisé un dirigeant de la BEI.

Le vice-président de la Commission européenne en charge de la Croissance et des Investissements, Jyrki Katainen, a salué une «excellente nouvelle ». Cette contribution «va permettre que le plan soit mis en oeuvre de manière adéquate en France en bénéficiant de l’expertise de la CDC et de la BPI », a-t-il estimé dans un communiqué.

«Le plan avance rapidement grâce à l’engagement des Etats membres, et nous sommes confiants que les résultats commenceront à être visibles cet été », a-t-il ajouté.

>>Lire : La BEI est prête à débloquer des fonds avant que le plan Juncker démarre

L’Allemagne s’est engagée à hauteur de 15 milliards d’euros: cinq milliards annoncés pour des investissements au niveau des communes d’ici 2018, en plus des 10 milliards déjà promis, notamment dans les infrastructures. Fin février, l’Espagne avait elle aussi annoncé une enveloppe de 1,5 milliard d’euros, via des co-financements de projets.

Mais nombre de gouvernements européens rechignent à s’engager. Jeudi, lors d’une conférence à Bruxelles, M. Juncker avait souligné cette situation. Rappelant les annonces de Berlin et de Madrid, il avait indiqué avoir « invité la France à faire de même ».

Le président de la Commission européenne a présenté son plan fin 2014 afin de relancer la croissance et l’emploi, pour soutenir la reprise en Europe. Il prévoit la mise en place d’un « Fonds européen pour les investissements stratégiques » (FEIS), destiné à mobiliser 315 milliards d’euros sur trois ans en comptant sur un effet de levier.

Mais le Fonds est pour l’instant uniquement financé par la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI), à hauteur de 21 milliards d’euros. Les Etats n’y ont pas contribué directement et préfèrent s’engager sur du co-financement de projets nationaux.

La Commission a présenté en janvier une proposition de loi européenne sur le FEIS, dont elle espère l’adoption par le Parlement européen et les États « d’ici juin », afin de lancer les premiers projets le plus rapidement possible. Les ministres des Finances doivent en discuter mardi lors d’une réunion à Bruxelles.

La Commission a dévoilé en novembre 2014 le mécanisme de son nouveau plan d'investissement de 315 milliards d'euros.

L'argent qui alimentera ce plan sera investi prioritairement dans les pays du sud de l'Europe, durement touchés par la crise, dans un mouvement de solidarité entre les États membres.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d'investissement de 315 milliards d'euros

L'idée sur laquelle a travaillé l'équipe du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, est celle de créer un nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques à partir de 5 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI) et la garantie d'une contribution 8 milliards d'euros de fonds européens existants, contribution susceptible d'être élargie jusqu'à 16 milliards.

La garantie de 8 milliards d'euros sera injectée sur trois ans et proviendra du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (3,3 milliards), du programme de recherche Horizon 2020 (2,7 milliards) et d'une « marge budgétaire », c'est-à-dire des fonds non utilisés (2 milliards).

Le fonds pour les investissements stratégiques, de 21 milliards d'euros au départ, devrait générer quelque 240 milliards en investissements à long terme et 75 milliards pour les PME et les sociétés de moyenne capitalisation sur deux ans, entre 2015 et 2017.

La question du manque de liquidité se pose cependant, et certains eurodéputés ont qualifié le plan de « recyclage et réétiquetage » de programmes existants.

>> Lire : Le plan d’investissement de Juncker arrivera-t-il à générer assez de liquidités ?

Commission européenne

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