La Suisse dépasse l’UE pour la recherche et l’innovation

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Les dernières statistiques sont sans appel : la Suisse est en tête en Europe en termes de recherche et d'innovation. Mais rien ne prouve que la Confédération helvétique puisse conserver ce leadership bien longtemps. Un article d'EURACTIV Allemagne.

La Suisse est le pays le plus innovant en Europe, selon les derniers chiffres du tableau de bord de l'Innovation européen publiés le 4 mars.

En février, la Commission européenne a annoncé qu’elle comptait geler les négociations avec la Suisse sur le programme de recherche européen Horizon 2020, doté de plusieurs milliards d'euros, et du programme d'échange étudiant, Erasmus +.

La décision européenne fait suite à un référendum populaire suisse « contre l'immigration de masse », organisé le 9 février dernier, qui réintroduit des quotas d'immigration pour les ressortissants de l'Union.

En conséquence, le gouvernement fédéral a suspendu les négociations sur l'extension de la libre-circulation des personnes au nouvel État membre de l'UE, à savoir la Croatie. La Commission européenne a reproché au gouvernement suisse de ne pas respecter l'accord bilatéral sur la libre circulation des personnes.

À cause de cette décision, les chercheurs et universitaires suisses craignent que leur pays perde sa position dans le domaine de la recherche. Les sociétés helvétiques ont également exprimé leurs inquiétudes quant à leur compétitivité au niveau international.

>> Lire : L'UE lance les représailles après le référendum suisse sur l'immigration

L'Allemagne tient le haut du pavé

Peu touchée par les peurs liées au déclin de la nation helvétique, l'Allemagne confirme son positionnement fort en matière d'innovation au sein de l'UE même si elle a perdu une place par rapport à la dernière étude. La République fédérale occupe la troisième position, à ce jour, juste après la Suède et le Danemark.

Le rapport de la Commission indique néanmoins que l'Allemagne reste dans le peloton de tête en termes d'innovation et est bien au-delà de la moyenne européenne. La Bulgarie, la Lettonie et la Roumanie ferment, quant à eux, la marche. Leur performance dans le domaine de l'innovation est bien en deçà de la moyenne européenne.

Le classement en fonction des performances dans le domaine de l'innovation repose sur divers indicateurs, dont : les secteurs de la recherche et universitaire, les activités innovantes au sein des entreprises et le capital intellectuel jusqu’au niveau d'innovation au sein des PME et de leurs effets sur les économies. Ces critères visent à donner une image équilibrée des systèmes nationaux en matière de recherche et d'innovation.

La Suisse n’est pas la seule à surclasser l'UE en matière d'innovation : la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon font également partie de cette catégorie. Tandis que l'écart entre l'UE, les États-Unis et le Japon a chuté d'environ de moitié ces dernières années, la Corée du Sud a gagné du terrain.

L'UE conserve son avance par rapport à l'Australie, le Canada et les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). À l’exception de la montée en force de la Chine, l'Union européenne maintient sa position, et pourrait même encore progresser vis-à-vis des autres concurrents.

Antonio Tajani, commissaire en charge de l'Industrie et de l'entrepreneuriat, a insisté sur le rôle de l'innovation en Europe : « Faire de l’innovation une réalité dans toute l’Europe reste une priorité si nous voulons atteindre notre objectif de politique industrielle. […] L’accroissement des investissements des entreprises, l’augmentation de la demande de solutions européennes innovatrices et la réduction des entraves à la phase de commercialisation des innovations sont des facteurs clés de la croissance. Nous avons besoin d’entreprises plus innovantes et d’un cadre favorable à la croissance pour réussir l’introduction des innovations sur le marché, » a-t-il expliqué.

De son côté, Máire Geoghegan-Quinn, la commissaire européenne à la recherche, à l'innovation et aux sciences, a ajouté : « Avec un budget de près de 80 milliards d’euros pour les sept prochaines années, notre nouveau programme de recherche et d’innovation, "Horizon 2020", nous aidera à maintenir cette dynamique. Nous devons accroître l’investissement dans l’innovation partout en Europe pour atteindre notre objectif de 3 % du PIB d’ici à 2020. »

Johannes Hahn, commissaire responsable de la politique régionale, a déclaré pour sa part : « Les tableaux de bord présentés ce jour montrent la persistance de disparités, même si certaines régions font preuve d’un dynamisme incontestable. La nouvelle politique régionale s’attaquera avec détermination à ce problème: chacune des 274 régions d’Europe devra élaborer une stratégie de spécialisation intelligente qui comprendra l’innovation. Les régions devront exploiter leurs atouts économiques et trouver des solutions novatrices pour faire face à la concurrence mondiale.»

La Suisse est le troisième partenaire économique le plus grand de l'UE, après les États-Unis et la Chine. La Confédération helvétique prend part au marché unique de l'UE grâce à la ratification d'une série d'accords bilatéraux. Ce système de négociations bilatérales convient aux Suisses, mais sa complexité pose problème pour l'UE. Jusqu'à aujourd'hui, des tentatives visant à simplifier le partenariat sont en cours.

L'Union démocratique du centre (UDC), parti populiste et nationaliste, s'attaque depuis longtemps à la question de l'inflation des loyers, des transports publics bondés et de l'augmentation du taux de criminalité qui serait due à l'afflux d'étrangers sur le territoire helvétique.

La politique helvétique relative à l'immigration est fondée sur la libre circulation des personnes de l'UE. Elle autorise l'entrée d'un nombre restreint d'immigrés provenant de pays tiers. Les poids lourds de l'industrie suisse tels que les laboratoires pharmaceutiques Roche et Novartis, mais aussi les banques UBS et le Crédit Suisse, ont toujours eu tendance à se tourner vers les pays étrangers en vue de recruter du personnel compétent et spécialisé.

La communauté des affaires du pays a prévenu que réimposer des quotas sur les citoyens européens remettrait les accords bilatéraux avec l'UE en question [pour en savoir plus]. 

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