Lancement raté pour les satellites Galileo

Le lancement des deux satellites a coûté 70 millions d'euros (Credit: [3Dsculptor]/Shutterstock

Les satellites ne sont pas parvenus à atteindre l’orbite prévue. Une commission d’enquête a été créée pour faire la lumière sur ce lancement raté, qui risque de retarder la mise en oeuvre du système européen de navigation par satellite.

Déjà décalé d’une journée, le lancement des deux satellites avait pourtant bien commencé. Le 22 août à 12h27 (heure de Paris), les satellites, Doresa et Milena avait quitté le centre spatial de Kourou avec pour objectif final d’atteindre une orbite circulaire à 23 522 km d’altitude et inclinée à 55° par rapport à l’équateur. Une première selon l’Agence spatiale européenne (ESA).

Mais le lendemain du lancement, la société Arianespace a constaté que les deux satellites ne se trouvaient pas à l’emplacement prévu, mais sur une mauvaise orbite à 3700 kilomètres de distance de ce qui était initialement prévu.

Ce lancement devait permettre d’initier la phase de déploiement du futur système européen de navigation par satellite Galileo. Doresa et Milena devaient rejoindre quatre autres satellites préopérationnels déjà envoyés par Arianespace en 2011 et en 2012.

>> A lire aussi : Arianespace accélère le déploiement de Galileo

L’envoi des satellites sur orbite devait également permettre déployer le programme Galileo plus rapidement et de mettre fin au retard accumulé.

Le lanceur Soyuz au cœur de la tourmente

Pour l’instant, impossible de dire ce qu’il s’est passé au niveau du lanceur, selon Franco Bonacina, porte-parole de l’ESA. Des experts internes vont effectuer des analyses sur toutes les données du lanceur pour trouver la cause du défaut.

>> A lire aussi : Avec trois ans de retard, Galileo enfin sur orbite

Selon Arianespace, le problème serait survenu sur le lanceur Soyuz qui transportait les deux satellites. Dans un premier temps, le lancement et la première partie du décollage se seraient bien passés avec la séparation des satellites et la réception du signal. Ce n’est qu’après la séparation des satellites que les scientifiques se seraient aperçus de leur mauvais positionnement.

Une commission d’enquête pour faire la lumière

Arianespace, l’agence spatiale européenne et la Commission européenne ont annoncé lundi 25 août avoir mis en place une commission d’enquête indépendante afin de connaître les causes précises de ce lancement râté. Selon l’ESA,  les résultats de cette enquête devrait être connus d’ici une quinzaine de jour. Cette commission d’enquête devra également fournir des recommandations pour corriger le problème survenu le 22 août.

« Nous souhaitons que ses préconisations permettent un retour en vol rapide et dans les conditions de fiabilité requises du lanceur Soyuz depuis le CSG » a déclaré Stéphane Israël, PDG  d’Arianespace, dans un communiqué publié le 25 août.

De son côté, le commissaire à l’industrie et à l’entreprenariat, Ferdinando Nelli Feroci, s’est voulu rassurant. « Je reste convaincu de l’importance stratégique de Galileo et je suis convaincu que le déploiement de la constellation de satellites continuera comme prévu », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Selon le porte-parole de l’ESA, cet incident ne va pas retarder le développement de Galileo. 

Quel avenir pour les satellites ?

« Pour le moment, il n’est pas possible de déterminer ce qu’on va faire de la mission. La question est délicate. Chaque satellite a un moteur et un réservoir qui lui permettent d’avoir une durée de vie de 12 ans environ. On peut utiliser ce carburant pour faire remonter les satellites mais cela va baisser leur durée de vie. Il faut donc voir si cela vaut le coup », explique le porte-parole de l’ESA.

Si les satellites ne pouvaient pas être utilisés dans le cadre du programme Galileo, ils pourraient faire l’objet d’une autre mission pour un travail de technologies additionnelles. Pour le moment, les prochains lancements sont maintenus en attendant une contre-indication de la Commission européenne.

Un lancement à 70 millions d’euros

Franco Bonacina estime que les surcoûts de ce faux-départ restent minimes. En effet, chaque satellite vaut environ entre 35 millions et 40 millions d’euros. Le lancement en  lui-même a coûté 70 millions d’euros pour le lancement. En comparaison avec des satellites scientifiques, ces engins sont peu chers car ils sont fabriqués en série.

Jusqu’à présent, le coût du programme Galileo est de 5 milliards d’euros. « D’ici 2020, 1,9 milliards d’euros seront ajoutées pour compléter le système, ce qui portera le coût total à environ 6,9 milliards d’euros. Les coûts d’exploitation et d’entretien annuels du programme Galileo sont estimés à environ 700 à 800 millions d’euros », précise la Commission européenne. Selon l’institution ces coûts seraient comparables aux coûts de fonctionnement du système GPS américain, qui s’élève à 1 milliard de dollars (758 millions d’euros) par an.

Contexte

Galileo est le programme de l’Union européenne pour le développement d’un système mondial de navigation par satellite sous contrôle civil européen. Les signaux émis devraient permettre  aux utilisateurs de connaître leur position exacte dans le temps et l’espace, d’une manière plus précise et plus fiable qu’avec les systèmes similaires actuels.

Le programme Galileo a débuté dans les années 1990, lorsque l'Agence spatiale européenne (ASE) a lancé des projets de recherche et de développement dans le domaine des systèmes de navigation satellite. Ce programme a fait suite au lancement américain du Global Positioning System (GPS) en 1978.

Prochaines étapes

  • 8 septembre : la commission d’enquête indépendante devrait rendre ses premières conclusions
  • Décembre: lancement de deux nouveaux satellites

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.