Donner un nouveau souffle à l’agenda européen de Lisbonne pour la relance économique est la priorité numéro un du premier ministre portugais, José Socrates, qui prendra les rênes de l’Union au cours des six prochains mois. Son premier défi sera néanmoins de convaincre la France de s’en tenir aux règles européennes en matière fiscale, le président français Nicolas Sarkozy, semblant déterminé à ne pas les respecter.
Le premier ministre portugais, José Socrates, a annoncé que la modernisation des économies et des sociétés européennes, au côté de la réforme des Traités et le renforcement du rôle de l’Europe sur la scène internationale, ne constituerait que l’un des trois « axes clés » de la présidence portugaise de l’UE du 1er juillet au 31 décembre 2007.
Sa principale préoccupation consiste à insuffler une nouvelle force à l’agenda européen de Lisbonne afin de permettre à l’Europe de faire face à la concurrence mondiale.
Alors que le dirigeant socialiste a déjà souligné son intention de donner à la dimension sociale de la stratégie « l’importance et la visibilité qu’elle mérite », il a également précisé qu’il n’avait pas peur de proposer des réformes économiques strictes.
Au Portugal, il a déjà mis en oeuvre un certain nombre de mesures, notamment une réforme controversée du système de retraite, augmentant l’âge minimum de la retraite de 60 à 65 ans pour les fonctionnaires, afin de mettre un peu d’ordre dans les finances du Portugal.
Bien que son pays reste l’un des mois bons acteurs en ce qui concerne les objectifs de Lisbonne, avec une croissance économique stagnante et un PIB par personne ne représentant pas plus de 70% de la moyenne européenne, depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, Socrates a réussi à réduire le déficit budgétaire de 6,8% à 3,9%.
De plus, au cours de l’année 2008, il devrait aligner le Portugal sur les règles de la zone euro, connues sous le nom de pacte de stabilité et de croissance, exigeant un maintien des déficits en dessous de la barre des 3% du PIB.
Sa poursuite impitoyable des réformes économiques libérales et de la discipline fiscale pourrait le faire entrer en guerre avec le président français récemment élu, Nicolas Sarkozy, qui a récemment annoncé son intention de défier les règles relatives à l’euro et de repousser à 2012 le retour à l’équilibre du budget de la France, malgré les promesses du gouvernement précédent de réduire les dépenses d’ici 2010.
Un conflit pourrait éclater entre la France et le Portugal le 9 juillet 2007 lors la de réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, à laquelle N. Sarkozy s’est invité pour défendre sa position. Ce dernier soutiendra que la France a besoin de davantage de réductions d’impôts pour dynamiser son économie.
J. Socrates a cependant déjà proscrit une telle initiative, soutenant qu’une « politique budgétaire extrêmement exigeante » devait s’appliquer partout « que ce soit en France, au Portugal ou dans tout autre pays » et a averti que la crédibilité du pacte de stabilité et de croissance serait remis en cause si les pays abandonnaient l’objectif de 2010, conclu par les 27 Etats membres à Berlin il y a trois mois.
Le ministre des finances portugais, Fernando Teixeira dos Santos, a indiqué qu’il craignait que l’Europe, en ne saisissant pas cette opportunité de consolider le budget en cette période de relance économique, ne fasse la même erreur que dix ans auparavant, lorsque les Etats membres, n’ayant pas équilibré leurs budgets en période de boom économique, avaient plongé dans une crise financière.
J. Socrates a indiqué le 2 juillet 2007 : « Il est évidemment important pour la monnaie unique d’avoir une politique budgétaire extrêmement exigeante et pour le système entier que tous les pays respectent leurs engagements budgétaires ». Fernando Teixeira dos Santos a également ajouté : « Si un pays ne veut pas respecter un engagement, cela soulève un problème qui n’est pas juridique mais politique, donc je voudrais alerter la France sur ce que sera la réaction de ses partenaires ».

