Les chercheurs doivent combler le fossé du transfert de technologie [FR]

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D’après France Biotech, l’association française des entreprises de biotechnologie, les chercheurs devraient être plus conscients du potentiel économique des progrès scientifiques et systématiquement formés pour comprendre le processus de commercialisation.

Le 7 décembre 2007, France Biotech a publié un livre blanc sur le moyen de professionnaliser et d’améliorer les performances de la France dans le transfert de technologie afin de valoriser les recherches scientifiques. 

Le transfert de technologie est le processus de développement d’applications pratiques à partir de résultats de la recherche scientifique. Ce terme désigne le transfert formel à un tiers des droits d’utilisation et de commercialisation de nouvelles découvertes et d’innovations résultant de la recherche scientifique.

L’industrie a identifié deux obstacles principaux à une meilleure exploitation des travaux menés dans les organisations publiques de recherche : le nombre excessif des interlocuteurs impliqués dans le processus de transfert et les faiblesses structurelles. 

D’après l’association, pour chaque invention, les entreprises doivent traiter avec de nombreux interlocuteurs, qui appliquent des politiques différentes et ont différents niveaux de professionnalisme. De ce fait, le processus de négociations est bien trop long pour les PME, qui représentent la majorité des entreprises européennes de biotechnologie.

Le manque de connaissances sur de la propriété industrielle dans les milieux universitaires en général, le manque de ressources attribuées aux activités de transfert de technologie, l’absence de formations adaptées et de professionnalisme de certains interlocuteurs ainsi que l’absence d’offre de technologie structurée et méthodique font partie des faiblesses structurelles soulignées par France Biotech.

Le livre blanc a insisté sur un certain nombre de recommandations concernant les questions législatives et réglementaires, les meilleures pratiques, ainsi que le moyen de professionnaliser et d’accorder plus de pouvoir aux structures actuelles de transfert de technologie. Une des recommandations appelle les chercheurs à prendre davantage conscience du potentiel et de la valeur économique de la recherche.

Pour ce faire, l’association propose d’inclure, dans le programme d’enseignement des scientifiques et des ingénieurs, une formation systématique sur la propriété intellectuelle, la protection des inventions, le développement et la commercialisation. Des aspects culturels devraient également être inclus dans le programme d’enseignement afin de combler le fossé existant entre l’entreprise et l’université.

Alors que la science  et la recherche sont de plus en plus importantes pour l’innovation et la concurrence, la Commission européenne affirme qu’une meilleure utilisation de la R&D financée par des organismes publics est un réel problème dans l’UE. Une communication sur l’amélioration du transfert de connaissances entre les organismes de recherche et les entreprises à travers l’Europe, adoptée en avril 2007, insiste sur la nécessité d’une meilleure valorisation des résultats de la recherche, mais reconnaît également que d’importantes barrières culturelles qui entravent cette collaboration existent encore entre les acteurs du secteur public et privé, en particulier concernant le partage des bénéfices et les coûts.

La création d’un groupe européen d’acteurs de haut niveau issus de l’industrie et de la recherche va être annoncée avant la fin de l’année 2007. Son objectif sera de réfléchir et de conseiller sur les actions possibles pour promouvoir le transfert de connaissances en Europe. 

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