Alors que les investissements publics et privés dans la R&D sont toujours freinés par la crise des crédits, les experts affirment que l’innovation peut également sourdre d’une combinaison originale d’anciennes connaissances dans le cas des entreprises ou des secteurs à faible intensité technologique qui ne sont que peu actifs dans la R&D.
Selon Petri Peltonen, directeur général du ministère finlandais de l’Emploi et de l’économie, l’innovation naît de toutes sortes de connaissances existantes. C’est ce qu’il a affirmé dans un discours lors d’une conférence organisée le 28 octobre par BusinessEurope, l’association des employeurs européens.
Il faudrait donc non seulement se concentrer sur une orientation scientifique et technologique forte, mais aussi faire en sorte que la définition de l’innovation comprenne également l’idée de combinaison originale de connaissances existantes, a affirmé M. Peltonen. Cette précision dans la définition serait particulièrement adaptée aux PME, qui font preuve d’une bonne capacité à combiner des connaissances pour créer de nouveaux produits et services.
Par exemple, les combinaisons originales de connaissances existantes pourraient conduire à des innovations dans les changements organisationnels, a-t-il indiqué
Cette observation est soutenue par les Perspectives de 2008 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OECD), qui examinent les tendances et les développements dans les domaines de la science, de la technologie etde l’innovation. Selon le rapport, publié le 27 octobre, les plupart des mesures restent axées sur la science et sur l’innovation technologique alors que l’innovation dans les entreprises ne concerne pas seulement la technologie. En effet, la rapport indique que l’innovation va beaucoup plus loin et touche les domaines des processus, de l’organisation et du marketing.
C’est pourquoi il faut élargir les politiques destinées à stimuler l’innovation afin de couvrir une vaste gamme d’activités innovatrices, notamment dans les secteurs qui investissent peu dans la R&D, indique l’OCDE.
Pour ce qui est de la crise actuel du crédit, les Perspectives de l’OCDE indiquent que les investissements futurs dans la R&D et l’innovation dépendront en partie des répercussions à long terme de l’instabilité du marché financier sur les dépenses des entreprises, qui représentent la majeure partie des investissements dans la R&D au sein des pays de l’OCDE.
M. Peltonen a reconnu en outre que la recherche et le développement est un domaine où il est facile de réaliser des économies sur les coûts. Cependant, il s’agit à son avis de se rendre compte du fait que c’est la compétitivité globale d’une entreprise qui est mis à mal quand on procède à de telles compressions budgétaires. M. Peltonen a estimé qu’il est du ressort des gouvernements de mettre en place des mesures incitatives qui répondent aux besoins immédiats des entreprises dans une conjoncture aussi difficile.
Optimiste, il s’attend à ce que les entreprises surpassent la crise si celle-ci ne s’éternise pas. Cependant, il a signalé que si la crise actuelle du crédit traînait encore en longueur, la situation serait bien moins favorable.

