Les ministres en quête d’une vision commune pour l’EER [FR]

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Près de 10 ans après le lancement du concept d’Espace européen de recherche, les Etats membres européens et la Commission ont néanmoins décidé de préparer un autre processus visant à remédier à la fragmentation des activités, programmes et politiques de recherche en Europe.

Le 15 avril 2008, les 27 ministres européens responsables de la Recherche et la Commission ont décidé de lancer un nouveau partenariat intitulé « processus de Ljubljana ». Ils espèrent qu’il permettra d’améliorer l’exploitation du potentiel de recherche de l’Europe et de créer un véritable Espace européen de la recherche (EER).

En s’adressant à la presse après une réunion informelle des ministres de la Recherche, la ministre slovène chargée de l’Enseignement supérieur, de la science et de la technologie, Mojca Kucler Dolinar a déclaré que l’Europe n’avait pas exploité tous ses potentiels en matière de recherche, au niveau humain, institutionnel ou concernant la synergie entre toutes les parties prenantes.

Cependant, selon elle, il y a vraiment une nouvelle énergie entre les Etats membres et la Commission. Elle s’est dit convaincue qu’ils seront capables de commencer un nouveau processus, le processus de Ljubljana, qui ne contribuera pas uniquement à l’Espace européen de la recherche mais à l’Europe dans son ensemble.

Le processus de Ljubljana devrait apporter un nouvel élan à la création d’un véritable EER et ainsi, contribuer à accroître la compétitivité des industries européennes – un pilier fondamental de l’agenda de Lisbonne. Dans cette perspective, le Conseil est parvenu à un accord sur la nécessité pour les Etats membres et la Commission, de partager une vision à long terme sur l’EER, comprenant notamment :

  • un libre échange de connaissances, avec d’excellentes activités de recherche et des offres d’emplois attractives ;
  • des universités et des institutions de recherche modernes ;
  • davantage de mesures pour inciter le secteur privé à investir dans la recherche ;
  • une meilleure utilisation des résultats, et ;
  • un meilleur accès aux infrastructures de recherche.

La première version de la vision devrait être finalisée d’ici la fin de l’année 2008 pour cibler plus rapidement les politiques et les actions nécessaires à sa réalisation. Le commissaire à la Recherche Janez Poto?nik a déclaré que l’UE avait maintenant les compétences et connaissait la direction générale.

Dans le cadre du processus de Ljubljana, les ministres ont également convenu d’améliorer la gouvernance politique de l’EER en établissant des liens entre la recherche et d’autres politiques, comme celles en matière d’éducation, d’innovation et de cohésion.

Cependant, selon le commissaire Poto?nik, la gestion et la gouvernance prendront plus de temps à mettre en œuvre que la vision, dans la mesure où il s’agit d’un processus à long terme. Ainsi, les deux prochaines présidences devraient s’en charger (la France et la République tchèque).

La création de l’EER, un véritable « marché intérieur » européen pour la recherche visant à améliorer la coopération et la coordination des activités nationales de recherche dans l’UE, avait été proposée  par la Commission en janvier 2000. Etant donné l’absence de résultats tangibles, le concept avait été « relancé » au printemps 2007 (lire EURACTIV 05/04/07).

Des progrès ont été réalisés depuis 2000, mais il reste beaucoup plus à accomplir, en particulier pour surmonter la fragmentation des activités, des programmes et des politiques de recherche en Europe. Selon M. Poto?nik, le problème est que les différentes initiatives européennes concernant l’EER sont volontaires pour les Etats membres, et donc lentes. La Commission souhaiterait qu’ils accélèrent la cadence, a-t-il expliqué.

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