Les Scop lorgnent l’économie numérique

Les sociétés coopératives et participatives (Scop) misent sur le numérique. [George Dolgikh/Shutterstock]

Les sociétés coopératives et participatives (Scop) espèrent se développer dans le numérique. Mais, pour ce faire, elles doivent mobiliser des fonds. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) éprouvent aujourd’hui de nombreuses difficultés à prendre le virage de l’économie numérique. Preuve en est, le développement éclair de l’économie collaborative, dont les plateformes Internet leaders (Uber, Airbnb, etc.) tiennent plus d’un capitalisme sauvage que d’une économie aux valeurs sociales et environnementales chevillées au corps. Pire, un nombre infime de plateformes Internet s’appliquent aujourd’hui les valeurs de l’ESS, alors que ce secteur pourrait apporter une dose d’éthique salutaire aux nouvelles pousses du numérique qui se développent à vitesse grand V.

Pour ne pas être définitivement marginalisées, plusieurs structures de l’ESS se mobilisent. Les sociétés coopératives et participatives (Scop) font partie de celles-ci. Elles tentent de s’insérer dans ces changements profonds d’usages, tout en gardant leur principes : s’appliquer une gouvernance démocratique (une personne, une voix) et mettre en réserve près de la moitié de leurs bénéficies, le reste étant réinvesti dans l’entreprise. De quoi affronter les temps difficiles avec un matelas de sécurité plus confortable.

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Des startups de l’ESS ?

Ces principes permettent d’ailleurs aux Scop de jouir d’une relative popularité auprès du grand public en cette période de croissance faible. Mais si, depuis une quinzaine d’années, les Scop et leurs petites sœurs, les sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), poursuivent le développement de leur activité à un rythme compris entre 4% et 6% par an, elles ont aujourd’hui besoin de trouver de nouveaux relais de croissance. Le virage du numérique arrive donc à point nommé.

À la Confédération générale des Scop, on prospecte les fondateurs de startups qui pourraient s’intégrer dans la mouvance de l’ESS.

« En ce moment, il y a beaucoup d’entrepreneurs qui veulent monter leurs startup et qui nous intéressent », confirment Jacques Landriot, le président de la Confédération générale des Scop.

Cap est donc mis vers la sensibilisation de créateurs d’entreprises qui souhaiteraient s’appliquer les valeurs d’un capitalisme plus éthique. Problème : sur les marchés des plateformes Internet, il faut beaucoup de moyens pour acquérir du trafic et se faire connaître. Or, par nature, les Scop, comme la plupart des structures de l’ESS, ne peuvent rémunérer leurs actionnaires à outrance.

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Ne pas renier ses principes

Les Scop le savent et planchent sur un modèle qui permettrait une meilleure rémunération du capital, sans pour autant renier les principes fondamentaux de leur modèle. En parallèle, elles sont sur le point de lancer un fonds d’investissement dédié au numérique, que les mutuelles, les grandes coopératives et des institutionnels publics devraient abonder. Ce fonds nommé CoopVenture va être lancé en 2017 et devrait être doté de 50 à 60 millions d’euros, estime Jacques Landriot.

Ce fonds sera dans un premier temps ouvert à toutes les plateformes qui souhaitent s’appliquer des principes de l’économie sociale et solidaire. Il pourrait donc concrètement financer des entreprises « classiques » qui souhaiteraient à terme se transformer en structure coopérative. De quoi participer à augmenter le nombre de Scop, qui sont aujourd’hui 2 850 – Scic comprises – et qui ont pour objectif d’employer 70 000 personnes à horizon 2020, contre 51 500 aujourd’hui.

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