Menu allégé pour le premier conseil européen de Donald Tusk

Donald Tusk, président du Conseil européen, prône l'unité de l'UE. [European Council]

La réunion, à Bruxelles, des chefs d’États européens les 18 et 19 décembre doit faire le point sur le  plan Juncker. France et Italie arrivent avec des points de vue différents sur le sujet.

Le Conseil européen des 18 et 19 décembre se déroulera pour la première fois sous la présidence du polonais Donald Tusk. L’ancien premier ministre a promis de faire changer les choses. Celui qui a été soutenu par la France pour obtenir ce poste est aussi là « pour ramener la Pologne vers l’Europe » rappelle une source élyséenne. De la même façon que la Commission veut simplifier son fonctionnement, avec un programme de travail pour 2015 allégé et réduit aux priorités politiques, le Conseil veut éviter des palabres infinies et des conclusions trop longues.

3 pages de conclusions contre 26 en décembre 2013

« La préparation du Conseil européen a été différente, le débat va être concentré sur quelques enjeux, et les conclusions seront courtes » a prévenu une source proche du président français.

Les réunions du Conseil européen, qui se déroulent habituellement sur deux jours avec des discussions qui se prolongent le plus souvent tard dans la nuit, avec des conférences de presse autour de 3 heures du matin,  devraient désormais appartenir au passé. C’est en tout cas la promesse du nouveau venu.

Le menu de ce conseil européen est de fait réduit si on le compare, par exemple à celui du Conseil européen de décembre 2013. Les conclusions, longues de 26 pages, montrent que le Conseil avait passé en revue un nombre impressionnant de sujets : sécurité, recherche, PME, Politiques économiques et sociales, politique de l’emploi, évasion fiscale, Union économique et monétaire, Union bancaire, Europe sociale, émigration, commerce international.

En comparaison, les conclusions provisoires du sommet ne comportent cette fois que 3 pages. Deux d’entres elles sont dédiées au plan Juncker et sur l’amélioration du climat d’investissement en Europe, et deux paragraphes se consacrent à l’Ukraine.

Cette fois, les thèmes sont théoriquement moins nombreux. Les chefs d’État se pencheront avant tout sur le plan Juncker. La lutte contre l’optimisation fiscale et l’Union économique et monétaire seront également abordées. Puis le dîner devrait faire l’objet de discussions sur les questions internationales, dont l’Ukraine et les djihadistes européens.

Pas de pré-Conseil des socialistes à Paris

Contrairement aux trois derniers conseils européens, qui avaient vu les chefs d’État socialistes se rassembler pour un « pré-sommet » à Paris à l’Élysée, en juin, en août et en octobre, il n’en sera rien cette fois –ci. « Les socialistes se réuniront à 14h30 à Bruxelles jeudi, pour des raisons de calendrier » précise-t-on à l’Élysée. Sur le fond, il semble que les positions de l’axe France-Italie, moteur de cette coalition des chefs d’État de gauche, oscillent sur la question du financement du plan Juncker. Ainsi alors que l’Italie compte annoncer une contribution au plan Juncker dès jeudi, selon le chef du groupe socialiste au Parlement européen, Gianni Pitella, la France qui a toujours été moteur sur la question de l’investissement semble lambiner.

Selon l’Élysée la question d’élargir le fonds logé au sein de la BEI n’est pas à l’ordre du jour du Conseil européen. Le plan Juncker est principalement destiné aux pays du Sud, et vise à placer l’investissement là où il est le plus nécessaire. La proposition de la Commission, qui souhaite gérer le fonds Juncker par le biais de deux comités l’un issu de la Commission, l’autre de la société civile, semble faire débat entre les partisans du coup de pouce à l’investissement.

Le club des leaders sociaux-démocrates, dont l'italien Matteo Renzi, la danoise Helle Thorning Schmidt ou encore le président du Parlement européen Martin Schulz s'est réuni trois fois de suite depuis juin 2014 en amont des Conseils européens qui rassemblent les 28 chefs d'Etats des pays membres de l'UE.

Pour peser face au rouleau compresseur de la droite européenne, qui a remporté les élections en mai dernier, c’est à Paris que les chefs d’État sociaux-démocrates s'étaient réunis les fois précédentes  histoire d’éviter le « brouhaha médiatique bruxellois ». Le « club » a toutefois prévu de se retrouver à Bruxelles le 17 décembre 2014.

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