À cause du coronavirus, la prochaine session plénière du Parlement européen aura lieu à Bruxelles

[EPA-EFE/PATRICK SEEGER]

Le président du Parlement européen a annoncé le 5 mars que la prochaine session de l’assemblée n’aurait pas lieu en Alsace, en raison des risques liés à la propagation du coronavirus, mais à Bruxelles. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le président du Parlement européen, David Sassoli, a décidé jeudi 5 mars 2020 que la prochaine session plénière prévue à Strasbourg la semaine prochaine aurait lieu à Bruxelles, en raison de l’épidémie liée au coronavirus.

« Compte tenu de l’évolution de l’épidémie de Covid-19 en France, j’ai décidé que la plénière de la semaine prochaine serait organisée à Bruxelles », a-t-il écrit dans une lettre aux groupes politiques.

Peur de la contamination

La session plénière du Parlement européen aurait dû se tenir de lundi soir 9 mars à jeudi 12 mars à Strasbourg. Plusieurs groupes politiques avaient exprimé le souhait d’un transfert de la session à Bruxelles en raison de la progression de l’épidémie en France, et de la crainte d’être confinés à Strasbourg pendant 14 jours, selon une source parlementaire.

Un premier cas de coronavirus au sein des institutions européennes

Dans un email envoyé en interne, l’Agence européenne de défense (AED) confirme que l’un de ses employés a bien contracté le coronavirus et annule par conséquent toutes les réunions dans ses locaux jusqu’au 13 mars par précaution.

Des assistants des députés, qui résident pour leur grande majorité à Bruxelles, avaient également exprimé ce souhait, selon la même source. Le Parlement européen compte 705 députés. « Beaucoup d’eurodéputés trouvaient absurde d’y aller, craignant aussi d’être contaminés dans le train », a indiqué une autre source.

Lundi 2 mars déjà, l’eurodéputé irlandais Mick Wallace (indépendant – membre du groupe de gauche radicale GUE), avait écrit à David Sassoli pour lui demander que la prochaine session plénière ait lieu à Bruxelles. « Nous devrions tirer des leçons de ce qu’on fait les Chinois qui semblent avoir obtenu un certain contrôle de la propagation du virus en limitant les déplacements et en instaurant des mesures d’isolement », expliquait-il.

La France, second foyer européen

Un septième décès en France d’une personne contaminée par le nouveau coronavirus a été confirmé jeudi soir par le ministère de la Santé, tandis que 138 nouveaux cas ont été détectés depuis la veille, portant à 423 le nombre de personnes contaminées.

La Belgique compte 50 personnes contaminées, dont deux seulement à Bruxelles, et aucun mort, selon le dernier décompte jeudi 5 mars du service fédéral de santé.

« Bien qu’il ne faille pas céder à la panique, je respecte la décision de M. Sassoli d’appliquer ici le principe de précaution […] la volonté est de limiter les déplacements pouvant favoriser la contagion », a réagi l’eurodéputée française écologiste, Karima Delli.

Coronavirus : les ministres des Finances de l’UE estiment qu’il est urgent d’attendre

Les ministres des Finances de l’Union européenne ont promis une réponse coordonnée pour faire face à l’impact économique du coronavirus. Mais ils ne prendront aucune décision avant la mi-mars au plus tôt.

Les pro-Bruxelles contents

Les opposants à Strasbourg – le siège, réparti entre Bruxelles et la capitale alsacienne, fait l’objet d’une bataille interminable —, ont en tout cas applaudi à cette décision.

Ainsi l’eurodéputé néerlandais écologiste Bas Eickhout, qui était l’un des chefs de file des Verts aux élections européennes, a lancé à l’attention du président français Emmanuel Macron sur Twitter : « Les Français vont-ils insister pour que l’on ait 12 sessions à Strasbourg par an et par conséquent, il y aura beaucoup de sessions à Strasbourg cet automne, ou vont-ils nous laisser tranquilles ? ».

Les partisans du siège unique à Bruxelles dénoncent inlassablement le coût financier et écologique de cette transhumance d’environ 2 500 personnes, et le fait que l’immense complexe strasbourgeois est utilisé quatre jours par mois seulement.

Le maire de Strasbourg, Roland Ries, a en tout cas aussitôt prévenu : « Je prends acte de cette décision de ne pas réunir les parlementaires à Strasbourg. En tout état de cause, je tiens à ce que douze sessions plénières du Parlement européen soient bien organisées à Strasbourg en 2020 conformément aux traités. »

Les pro-Strasbourg mécontents

En effet, selon les traités européens, l’institution a son siège à Strasbourg, où se tiennent douze sessions plénières de trois jours et demi par an. Mais le reste du temps, les eurodéputés travaillent à Bruxelles où sont organisées des mini-sessions et où se réunissent les commissions spécialisées. Plusieurs eurodéputés français ont marqué leur désaccord, à l’instar de l’élu des Républicains (PPE) Arnaud Danjean.

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