Bruxelles assume la promotion du bras droit de Juncker

Martin Selmayr, secrétaire général de la Comission européenne et Jean-Claude Juncker, président de la Commission, au Parlement européen à Strasbourg le 13 Mars 2018 [EPA-EFE]

La nomination controversée du bras droit du président de la Commission au poste de secrétaire général de l’institution était une décision à caractère « politique », a affirmé commissaire Günther Oettinger.

Le commissaire Günther Oettinger, chargé du personnel de la Commission, a une nouvelle fois défendu la régularité de la nomination surprise de son compatriote allemand Martin Selmayr devant les eurodéputés.

Martin Selmayr est passé le 21 février du poste de chef de cabinet de Jean-Claude Juncker à celui de secrétaire général de la Commission, les fonctions les plus élevées dans l’administration de l’institution.

Juncker défend Selmayr bec et ongles

80 pages : c’est ce qu’il a fallu à la Commission européenne pour répondre au Parlement européen à propos de la nomination de Martin Selmayr à la tête de l’institution. Mais la controverse ne fait que croître et embellir.

 

« Après des examens répétés, nous sommes désormais convaincus que les règles ont été totalement respectées », a assuré le commissaire au cours d’une audition devant la commission du contrôle budgétaire du Parlement européen.

« C’est avant tout une décision de fond, mais bien entendu aussi politique », a reconnu Günther Oettinger pendant une audition de plus de deux heures au cours de laquelle il a défendu les qualités « personnelles et professionnelles » de Martin Selmayr.

« Un président de la Commission, dans les cercles de pouvoir les plus élevés, a besoin de personnes de confiance sur lesquelles il puisse s’appuyer politiquement aussi », a-t-il fait valoir. « Il y a bien entendu des nécessités administratives, mais il y a aussi un besoin de gestion politique intelligente ».

Plusieurs eurodéputés ont reproché à la Commission le manque de transparence de la procédure de cette nomination au cours d’une réunion des commissaires européens le 21 février.

Les eurodéputés condamnent violemment la nomination de Martin Selmayr

La promotion éclair de Martin Selmayr, conseiller de Jean-Claude Juncker, au poste de Secrétaire général de la Commission européenne déclenche la fureur du Parlement européen.

Il avait obtenu le poste de secrétaire général adjoint de la Commission, pour lequel il avait postulé, puis, quelques instants plus tard, il avait été promu au poste de secrétaire général, qui n’avait pas fait l’objet d’un affichage.

Un tel « transfert » d’un poste de fonctionnaire à un autre ne peut être qu’exceptionnel, a fait valoir une responsable du service juridique du Parlement européen mardi, estimant qu’il fallait que la situation soit « grave, sérieuse et urgente » pour le justifier.

La Commission avait déjà adressé aux eurodéputés dimanche 80 pages de réponses à leurs 134 questions sur cette nomination controversée, défendant une décision « en conformité totale avec le règlement intérieur et les règles de procédure de la Commission ».

La commission du contrôle budgétaire du Parlement européen doit désormais préparer un projet de résolution, qui sera soumis à un vote pendant la séance plénière d’avril.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.