La Commission défend Timmermans face aux attaques de Varsovie

Witold Waszczykowski [European Council]

La Commission a pris la défense de son premier vice-président, face aux accusations du ministre polonais des Affaires étrangères, qui le rend responsable des tensions actuelles entre Bruxelles et Varsovie.

Le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a commencé le point presse quotidien du 29 mai en commentant les déclarations du ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski.

Dans une interview pour le journal Politico, Witold Waszczykowski a déclaré qu’il n’y avait aucune tension entre la Pologne et l’UE et aucune tension entre la Pologne et la Commission, mais a ajouté « il y a des tensions entre la Pologne et un commissaire », en citant le nom de Frans Timmermans.

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Les tensions entre Bruxelles et Varsovie ne sont pas qu’une guerre des mots entre la Commission et le gouvernement polonais assure Frans Timmermans. Une interview de notre partenaire, Gazeta Wyborcza.

Selon la lettre de mission de Jean-Claude Juncker, le commissaire néerlandais est chargé de veiller au bon respect de l’État de droit et de la Charte des droits fondamentaux. En 2014, la Commission précédente a adopté un mécanisme de protection de l’État de droit pour contrecarrer les menaces systémiques à la démocratie dans les 28 États membres.

En janvier 2016, la Pologne est devenue le premier, et pour l’instant le seul, pays contre lequel le mécanisme a été utilisé, à l’initiative de Frans Timmermans.

La Commission a donné à la Pologne un délai pour mettre en place des mesures qu’elle juge essentielles depuis que le gouvernement eurosceptique de Varsovie a entrepris des réformes affaiblissant l’indépendance de l’appareil judiciaire.

Toutefois, la procédure n’a guère impressionné Varsovie, surtout parce qu’elle nécessite l’unanimité des États membres pour qu’une action punitive soit engagée. Or la Hongrie, qui craint le même genre de procédure, bloque une telle possibilité.

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La Pologne a semblé rejeter lundi les demandes de la Commission européenne de réformer ses institutions judiciaires dans le respect des critères communautaires du droit, ranimant le risque de voir Varsovie perdre son droit de vote au sein de l’UE.

Witold Waszczykowski a aussi remis en question la légitimité de la Commission. « La Commission n’a pas de légitimité démocratique. Elle n’est pas élue, elle est choisie par les gouvernements. Nous devons trouver comment élire l’organe qui gèrera l’Europe fédérale », a-t-il déclaré.

« Nous regrettons qu’un ministre ne comprenne pas le rôle, la structure et les compétences de la Commission », a déclaré Margaritis Schinas, sans mentionner le nom du ministre polonais.

Il a rapidement rappelé le rôle de la Commission en tant que gardienne des traités et de l’intérêt commun des 28 États membres.

« Nous apprécierons que tous les responsables de gouvernement qui s’aventurent à commenter notre rôle prennent bien note de ces faits. Le dialogue de la Commission avec la Pologne sur l’État de droit est sans préjugés et nous sommes prêts à l’engager à nouveau le plus vite possible », a-t-il déclaré.

Le 16 mai, les ministres européens se sont accordés à poursuivre les négociations de longue haleine avec la Pologne pour que le pays cesse d’enfreindre l’État de droit.

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Pour la première fois, les gouvernements européens débattront le 16 mai des affaires intérieures d’un État membre, la Pologne, accusée de saper le contrôle démocratique, notamment via la nouvelle loi sur le tribunal constitutionnel.

 

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