L’augmentation des ressources propres de l’UE ravit les eurodéputés

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker et le commissaire au Budget Günther Oettinger le 2 mai à Bruxelles. [European Commission]

La proposition de développer les ressources propres de l’UE a suscité l’enthousiasme des eurodéputés, lors de la présentation du budget 2021-2027 par Jean-Claude Juncker et Günther Oettinger.

Un budget en légère et hausse et des ressources propres plus importantes. Les grandes lignes du budget européen pour 2021-2027 présentées par le président de la Commission Jean-Claude Juncker et le commissaire au Budget Günther Oettinger le 2 mai à Bruxelles ont recueilli l’assentiment d’une majorité des élus européens.

Les différents groupes politiques ont salué la proposition de la Commission, notamment le renforcement du système de ressources propres de l’UE. Un succès parlementaire après des années de négociation afin de diversifier les ressources budgétaires de l’UE, jusqu’ici dépendantes en quasi-totalité des contributions des États membres.

La proposition visant à développer les ressources propres pourrait ainsi générer 22 milliards d’euros de budget, grâce à de nouvelles taxes sur le plastique et les émissions de CO2, et à un prélèvement de 3 % sur la nouvelle assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés.

Les eurodéputés ont également salué les importantes hausses de budget concédées aux programmes européens fétiches du Parlement, tels qu’Erasmus, qui verra son enveloppe doublée (30 milliards d’euros) sur la période 2021-2027. Porté par le chef de file de la droite européenne au Parlement, Manfred Weber, le pass Interrail gratuit s’est également vu attribuer une enveloppe de 700 millions d’euros.

De son côté, l’eurodéputée allemande et coprésidente du groupe écologiste, Ska Keller, a également salué l’objectif de la Commission d’affecter 25 % du nouveau budget à la réalisation des objectifs climatiques. « C’est un petit pas dans la bonne direction, même si nous devions être à 50 % » a-t-elle souligné.

À l’inverse, certains eurodéputés ont fustigé le choix de la Commission de couper les fonds de la Politique agricole commune (PAC) et de la politique de cohésion, principal outil de développement économique régional du bloc.

« Nous devons discuter la proposition de la Commission de réduire de 5 % les fonds alloués à l’agriculture et de 7 % les fonds de cohésion » a indiqué l’eurodéputé espagnol PPE José Manuel Fernandes.

Le rabotage de la PAC dans le budget européen passe mal en France

La proposition de budget pour 2020-2027 est plutôt conforme à l’ambition française pour l’Europe : elle conserve des moyens et multiplie les priorités. Mais le léger rabotage de la PAC passe mal.

 

Si la proposition de la Commission européenne demeure en deçà des attentes du Parlement, elle n’en est pas moins un progrès par rapport au budget précédent. En effet, l’exécutif européen table sur une hausse des dépenses du bloc à 1,1 % du revenu national brut de l’UE, contre 1 % précédemment. Mais les parlementaires avaient réclamé plus d’ambition en mars dernier, en adoptant une résolution appelant à un plafond de 1,3 % du RNB européen.

Seuls quelques eurodéputés ont toutefois frontalement critiqué la proposition de la Commission concernant les 1,1 %, déjà ambitieuse face à la frilosité budgétaire des États membres, qui doivent approuver à l’unanimité le budget mis sur la table par Bruxelles.

« Ce budget n’est pas une révolution, mais c’est une rupture avec le passé », a reconnu Guy Verhofstadt, le président des libéraux au Parlement européen, saluant notamment la hausse du budget et l’accent mis sur les ressources propres.

« Nous aurions aimé que le budget ne soit pas plafonné à 1,1 % du RNB européen, mais à 1,3 % », a reconnu le président du Parlement européen, Antonio Tajani, qui a promis une bataille budgétaire côté parlementaire pour rehausser ce plafond.

« Ce plafond de 1,1 % demeure relativement bas, et couvre à peine le budget dont nous avons besoin après le départ du Royaume-Uni » a quant à elle regretté l’eurodéputé socialiste allemand Jens Geier.

Le Brexit devrait laisser un trou de 12 milliards d’euros dans le budget européen. S’il n’a été que brièvement évoqué lors du débat parlementaire, ce manque à gagner a davantage agité le débat dans les États membres, qui craignent une augmentation de leur contribution dans la foulée du départ des Britanniques.

Du côté des États membres, le débat budgétaire s’annonce d’ailleurs plus périlleux qu’au Parlement européen. Plusieurs chefs d’État et de gouvernement, comme le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le Danois Lars Lokke ou le chancelier autrichien Sebastian Kurz ont d’ores et déjà manifesté leur opposition à la hausse du budget de l’UE, en dépit du Brexit.

« La Commission européenne a présenté un budget pour 28 États membres. Mais nous ne sommes plus que 27 à le financer. Une Union plus petite devrait signifier un budget plus petit ! » a twitté le Premier ministre danois.

De son côté, le commissaire Oettinger a appelé les eurodéputés à défendre la proposition de budget auprès de leurs gouvernements respectifs, rappelant que l’unanimité était de mise du côté du Conseil. « Ici au Parlement nous n’avons pas besoin de l’unanimité, mais au Conseil nous en avons besoin », a-t-il rappelé lors du débat.

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