Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a annoncé lundi (27 novembre) qu’il convoquerait l’ambassadrice d’Israël à Madrid, Rodrica Radian-Gordon, pour lui faire part du « rejet catégorique » de l’Espagne des récentes accusations de Tel-Aviv selon lesquelles le Premier ministre Pedro Sánchez soutiendrait le terrorisme. Il devrait également exiger des « garanties » afin que cela ne se reproduise pas à l’avenir.
Le ministre espagnol a fait cette annonce lundi lors d’une réunion de l’Union pour la Méditerranée (UpM) à Barcelone. Il n’a pas précisé quand l’ambassadrice israélienne serait convoquée, bien que la presse espagnole rapporte que cette rencontre aura lieu dans la semaine.
L’Espagne se trouve au cœur d’un incident diplomatique après que les propos tenus la semaine dernière par le Premier ministre espagnol nouvellement reconduit lors d’une visite au Moyen-Orient avec son homologue belge Alexander De Croo ont suscité l’ire d’Israël.
Lors de sa visite au poste-frontière de Rafah séparant l’Égypte et la bande de Gaza, Pedro Sánchez avait déclaré que « le meurtre aveugle de civils innocents, dont des milliers d’enfants » était « totalement inacceptable ».
Il avait également laissé la porte ouverte à une reconnaissance unilatérale d’un État palestinien par l’Espagne. Pour rappel, l’Union européenne ne reconnaît pas la Palestine. L’État palestinien est reconnu par 136 pays dans le monde, dont 11 des 27 États membres de l’UE.
Suite à ces propos, Israël a accusé le Premier ministre socialiste de « soutenir le terrorisme ».
M. Albares n’a pas révélé les détails de la discussion qui sera tenuesavec l’ambassadrice israélienne, mais il a souligné que l’Espagne enverrait un « double message » très clair et très fort.
Madrid transmettra à Rodrica Radian-Gordon son « rejet catégorique des paroles fausses et inacceptables » à l’encontre de Pedro Sánchez et demandera des explications « claires » ainsi que « la garantie » que cela ne se reproduira plus à l’avenir.
Madrid soutient un retour de l’Autorité palestinienne à Gaza
José Manuel Albares a également déclaré que l’Espagne était favorable au « retour effectif » de l’Autorité palestinienne à Gaza, car le Hamas ne peut être un « partenaire pour la paix » au Moyen-Orient, a souligné le ministre.
À Barcelone, M. Albares a appelé à « offrir tout son soutien — européen, arabe, international — pour accompagner et rendre possible le rétablissement de l’autorité légitime à Gaza ».
« L’Autorité palestinienne est notre seul partenaire possible pour la paix », a-t-il souligné.
Selon le ministre, « le Hamas ne peut pas être celui qui dirigera Gaza » car « il n’a pas d’agenda de coexistence pacifique » et « il ne peut pas jouer de rôle à l’avenir dans la mise en œuvre de la solution à deux États », que l’Espagne soutient.
Le ministre espagnol s’est également déclaré en faveur d’une extension du « cessez-le-feu humanitaire » et a demandé à Israël de respecter le droit humanitaire international.
« La mort de dizaines de milliers de Palestiniens innocents n’est pas acceptable », a-t-il soutenu.
Plus de 13 000 civils palestiniens ont été tués par des attaques israéliennes à la suite de l’incursion du Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre. Le groupe terroriste a fait 1 200 morts et pris quelque 240 otages israéliens, selon des chiffres de l’ONU basés sur des données du ministère de la Santé de Gaza.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]



