« Emmanuel Macron doit choisir un camp »

Manfred Weber [Sarantis Michalopoulos]

Pour le chef de file du PPE au Parlement européen, Manfred Weber, pas question de laisser le Président français décider de tout à Bruxelles. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Manfred Weber est eurodéputé allemand (CSU), président du groupe PPE au Parlement européen.

Comment pouvez-vous être pro-Europe, mais hostile à des listes transnationales pour les Européennes ?

En tant que bavarois, leader de mon groupe (CSU), je sais où je suis élu, qui sont mes électeurs… Si j’étais sur une liste transnationale, je n’aurais plus aucun contact avec mes concitoyens. Nous avons besoin de plus de transparence et de proximité au niveau européen. Bruxelles semble trop éloigné ; les gens ne savent pas comment peser sur les décisions. L’Union européenne est un système fédéral où les niveaux nationaux restent importants.

Craignez-vous que les dirigeants européens, aujourd’hui à Bruxelles, ne portent un coup fatal au système des Spitzenkandidaten, qui consiste à nommer président de la Commission la tête de liste du parti arrivé premier aux élections ?

Je ne suis pas inquiet : plusieurs d’entre eux, comme le Premier ministre autrichien Sebastian Kurz ou le Croate Andrej Plenkovic, ont déjà dit publiquement être favorables à ce que le candidat du parti arrivé en tête aux élections européennes devienne président de la Commission de Bruxelles.

Avec l’ancien système, le président de la Commission était désigné en petit comité par le Conseil, donc par Angela Merkel, Mariano Rajoy, etc. Cette méthode ne nous semble ni démocratique, ni transparente. Celui qui aspire à devenir le chef de l’exécutif européen doit être présenté aux électeurs avant le vote.

Êtes-vous agacé par l’attitude du président français qui n’a pas encore dit quel parti européen il rallierait ?

Le problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a pas de programme au niveau européen. Il a fait un excellent travail en France pour lutter contre la campagne populiste et anti-européenne de Marine Le Pen.

Maintenant, c’est à lui de se décider. De dire dans quelle voie il veut s’inscrire avec La République en marche ; dans quelle mesure il veut influer sur la prise de décision européenne et s’il veut le faire au sein des libéraux, des socialistes ou du PPE.

Le PPE ratisse large, jusque chez les ultraconservateurs du Hongrois Orban. Vous soutenez aussi Berlusconi, qui s’est allié à la xénophobe Ligue du Nord. Un grand écart…

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