Les quatre principaux partis du Parlement européen soutiennent les coronabonds

Une conférence au Parlement européen. [Parlement européen]

Les partis majoritaires au Parlement européen soutiennent l’émission d’« obligations de relance » garanties par le budget de l’UE, afin d’atténuer les répercussions économiques de la crise sanitaire, selon un document qu’Euractiv a pu consulter.

La proposition de résolution sera soumise au vote lors de la session plénière du Parlement européen de ce jeudi, en amont de la réunion cruciale du Conseil européen sur le financement du « fonds de relance » qui aura lieu le 23 avril.

Le Nord et le Sud de l’Europe sont divisés sur la question. L’Italie et l’Espagne, par exemple, défendent les fameux « coronabonds », tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas s’opposent à toute forme de mutualisation de la dette. D’après le projet de résolution, le Parlement européen essayera de trouver un terrain d’entente.

Des législateurs européens appellent la Commission à établir un plan de relance et de reconstruction massif dans le cadre du nouveau budget à long terme de l’UE, qui irait « au-delà de ce que font déjà le Mécanisme européen de stabilité (MES), la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque centrale européenne (BCE) ».

« Les [fonds] nécessaires devraient être levés au moyen de l’augmentation du cadre financier pluriannuel (CFP), des fonds européens actuels et d’instruments financiers, ainsi que d’obligations de relance garanties par le budget de l’UE ; cet ensemble [de mesures] ne devrait pas impliquer la mutualisation de la dette actuelle et devrait être tourné vers les investissements futurs », indique le document.

Le projet de de résolution est signé par Manfred Weber et Esteban Gonzalez Pons au nom du groupe PPE, par Iratxe García Pérez (S&D), par Dacian Cioloș (Renew Europe) et par Philippe Lamberts (Verts/ALE).

Le groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique  (GUE/NGL) et celui des conservateurs de l’ECR ne se sont pas associés à cette démarche. Le négociateur du GUE/NGL était vraisemblablement d’accord sur le principe, mais ne voulait pas se prononcer pour le reste de groupe. Toutefois, certains eurodéputés de gauche devraient voter en faveur de la résolution lors de la plénière de ce jeudi.

Le document plaide également pour placer le « Green Deal » européen et la transformation numérique au centre du paquet de mesures, afin de relancer l’économie.

« [Il faut] améliorer [la capacité de] résilience [de l’économie] et créer de l’emploi, mais aussi participer en parallèle à la transition écologique et au développement socioéconomique durable — ce qui inclut l’autonomie stratégique du continent et la mise en œuvre d’une stratégie de protection des industries clés en Europe —, tout en alignant nos réponses avec l’objectif de neutralité climatique », indique le texte. Celui-ci fait également référence aux projets de l’exécutif pour une nouvelle stratégie industrielle. Selon les eurodéputés, celle-ci doit permettre de rendre l’industrie de l’UE plus concurrentielle et résiliente lors de catastrophes mondiales.

Il s’agit de « soutenir la réintégration de chaînes d’approvisionnement au sein de l’UE et l’augmentation de la production européenne de produits clés, comme les médicaments, les ingrédients pharmaceutiques, ainsi que les dispositifs médicaux, les équipements et les matériaux».

Flexibilité des fonds

Concernant le budget de l’UE pour 2021-2027, le Parlement préconise la « flexibilité » et une augmentation des fonds.

« [Le Parlement européen] insiste pour adopter un CFP ambitieux, doté d’un budget accru, conforme aux objectifs de l’Union, aux prévisions sur l’impact de la crise sur les économies européennes et aux attentes des citoyens en matière de valeur ajoutée de l’UE », indiquent les signataires, en précisant que les fonds devraient être utilisés de façon plus flexible et simple pour répondre aux crises. Ils ajoutent que le budget de l’UE devrait s’appuyer sur de nouvelles ressources propres pour garantir la mise en œuvre du plan de relance et de reconstruction.

Une « alliance pour une relance verte » se forge au sein du Parlement européen

Répondant à l’appel de 12 ministres européens de l’Environnement en faveur d’une reprise « verte » après la pandémie de COVID-19, des eurodéputés issus de tous les horizons politiques ont décidé de constituer une alliance informelle au sein du Parlement européen.

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