Fiche de poste du président de la Commission : un agenda chargé et un beau salaire

Jean-Claude Juncker

Il pilote l’exécutif de l’UE, anime une équipe multilingue, négocie avec les grands de ce monde mais n’a ni avion ni logement de fonction. Le poste de président de la Commission européenne est à pourvoir le 1er novembre, les candidatures sont examinées jeudi en Sommet européen.

Selon le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, l’actuel titulaire, « c’est un emploi à plein temps de 18 heures par jour ». La maîtrise de l’anglais est indispensable, celle du français un plus, ainsi que toute autre langue européenne.

Le mandat de 5 ans est renouvelable une fois. Tour d’horizon des prérogatives et missions du poste :

Un bureau sans charme

Le visage de l’Europe a son bureau au 13ème étage du « Berlaymont », un édifice cruciforme construit dans les années 1960 à l’emplacement d’un ancien couvent (d’où il tire son nom) et rénové au tournant du siècle après un désamiantage de 15 ans. Rien à voir avec les ors de l’Élysée ou la colossale chancellerie à Berlin.

Il est situé dans un quartier plutôt gris qui porte le nom de l’Allemand devenu Français Robert Schuman, né au Luxembourg, l’un des pères fondateurs de l’Europe.

En face du « Berlaymont », de l’autre côté de la rue de la Loi, une quasi-autoroute urbaine, se trouve le Conseil où se réunissent les chefs d’État et de gouvernement de l’Union plusieurs fois par an.

Ce bâtiment baptisé « Justus Lipsius » (du nom d’un humaniste belge du 16ème siècle) est un constant rappel au président de la Commission de la limite de ses pouvoirs, puisque ce sont les dirigeants des pays de l’UE et le Parlement européen qui prennent les décisions sur la base de ses propositions.

Margrethe Vestager entre dans la course à la présidence de la Commission

La populaire commissaire européenne à la concurrence figure sur la liste des candidats principaux du groupe ALDE, aux côtés de Guy Verhofstadt. Ce qui place la Danoise  dans la course pour la présidence de la Commission.

Un gros salaire

Le salaire est conséquent : 27 903,32 euros brut par mois (taxés à hauteur de 45 %) auquel s’ajoutent notamment chaque mois une indemnité logement de 4 185,50 euros et une pour frais de 1 418,07 euros.

En cas d’enfant à charge, le président de la Commission reçoit un supplément de 410,11 euros et une allocation scolaire de 100,18 euros.

À titre de comparaison, le président français gagne beaucoup moins : son traitement mensuel est de 15 140,45 euros bruts par mois tout compris.

Le président de la Commission ne possède pas de logement de fonction. Il a donc le choix : habiter dans un des nombreux appartements du quartier Schuman, comme beaucoup d’eurodéputés qui vivent en colocation, louer une villa dans les quartiers bruxellois plus huppés et verdoyants de Woluwe Saint Pierre/Saint Lambert ou Uccle, voire dans la banlieue flamande chic de Tervuren, ou comme M. Juncker, dormir à l’hôtel.

Pour ses voyages, le président de l’exécutif européen doit utiliser un avion de ligne comme tout le monde.

Des collaborateurs de 28 pays

Le président de la Commission a sous sa direction quelque 33 000 collaborateurs issus des 28 pays de l’Union (si le Brexit a lieu, ce sera 27).

La langue de travail principale est l’anglais et le restera même si le Royaume-Uni quitte l’Union. Les deux autres langues de travail sont le français, dont l’influence s’est considérablement réduite depuis l’élargissement de l’UE à l’Est, et l’allemand.

Sous l’autorité directe du président, un collège des 27 Commissaires, un pour chaque pays de l’UE (en plus de celui du président).

C’est le président qui les sélectionne sur la base des propositions des États membres. Le Parlement européen doit ensuite donner son feu vert.

La Danoise Margrethe Vestager, candidate à la présidence de la Commission, s’est engagée à une répartition parfaitement équilibrée entre hommes et femmes.

Juncker suggère de réduire le nombre de commissaires européens

Le président de la Commission européenne appelle les États membres à alléger le nombre de commissaires : il n’y a pas assez de travail pour 28 selon lui. Il demande aussi de ne pas remplacer temporairement ceux qui ont été élus eurodéputés.

Collège le mercredi

Sous la houlette de son président, la Commission européenne propose des directives et décrets, destinés à toute l’UE, veille au respect de la concurrence entre entreprises en infligeant éventuellement des amendes, et négocie des accords commerciaux entre l’UE et le monde entier.

La Commission se réunie en collège une fois par semaine, le plus souvent le mercredi à Bruxelles, mais une fois par mois le mardi à Strasbourg.

Une fois par an, en septembre, le président de la Commission fait un discours sur l’état de l’Union au parlement européen réuni en plénière à Strasbourg, peu ou prou sur le modèle de celui prononcé par le président américain en janvier devant le Congrès.

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