Juncker endosse la candidate bulgare au poste de commissaire européen

Mariya Gabriel

Le président Juncker a endossé mardi 16 mai la candidature Mariya Gabriel, proposée par la Bulgarie après la démission fin 2016 de sa commissaire, afin de prendre la charge des services numériques.

Après un entretien organisé mardi matin, Jean-Claude Juncker a annoncé à Mariya Gabriel, eurodéputée bulgare, qu’il souhaitait lui confier le portefeuille de « l’Économie et de la Société numériques ».

Elle reprendrait ainsi le portefeuille de l’Allemand Günther Oettinger, qui avait lui-même repris les responsabilités du Budget et des Ressources humaines après la démission de Kristalina Georgieva, la précédente représentante bulgare au sein du collège des commissaires.

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Kristalina Georgieva avait postulé en 2016 à la succession de Ban Ki-moon à la tête de l’ONU, avant d’être nommée directrice générale de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement, les organes de prêt aux pays à revenu intermédiaire et aux pays pauvres de la Banque mondiale.

Née le 20 mai 1979, Mariya Gabriel est députée européenne depuis 2009 et vice-présidente du Parti populaire européen (PPE, droite) au Parlement de Strasbourg, formation à laquelle appartient le Parti Gerb au pouvoir en Bulgarie.

Elle est membre de la commission sur les libertés civiles, la justice et les affaires intérieures au Parlement européen et a dirigé en 2016 la mission d’observation de l’UE pour l’élection présidentielle au Gabon.

Polyglotte, mais peu expérimentée dans le domaine

Diplômée de l’université Paisiy Hilendarski de Plovdiv en Bulgarie ainsi que de l’École doctorale de science politique de Bordeaux (sud-ouest de la France), elle parle le français, l’anglais et le russe.

Le commissaire à l’Économie numérique accompagne la mise en œuvre de la stratégie de l’UE pour un marché unique numérique, qui se caractérise par des réseaux de télécommunications à l’échelle européenne ou des services transfrontières.

La commissaire doit encore être officiellement nommée par le Conseil de l’UE, qui représente les États membres, après consultation du Parlement européen, devant lequel elle sera auditionnée « dans les semaines à venir ».

La Commission met la pression sur Sofia pour remplacer Georgieva

Bruxelles a augmenté la pression sur la Bulgarie, qui n’a pas encore nommé de remplaçant à Kristalina Georgieva, en assurant que le portefeuille à l’économie numérique serait réattribué.

La Bulgarie n’est cependant pas connue pour son expérience en termes de numérique. Lors des classements des performances numériques de la Commission, le pays a atterri à la 27e place en 2016 et 2017.

Cela ne suffit pas à entamer l’enthousiasme d’Andrus Ansip : « Ce classement ne doit pas jouer un grand rôle (dans ce type de décisions). Le numérique, c’est facile ».

L’industrie rassurée

Plusieurs lobbyistes des télécoms se sont félicités de cette nomination, estimant que le fait d’avoir un commissaire concentré sur ces questions permettrait de renforcer la position de négociation de la Commission. Les propositions de l’exécutif sur les télécommunications ont en effet entrainé  des débats houleux entre le Conseil, le Parlement et la Commission, légèrement affaiblie par l’absence d’un commissaire. Les discussions devraient reprendre après l’été.

Jusqu’ici « il manquait un commissaire directement en lien avec la DG, qui puisse lui donner des ordres », indique une source au sein de l’industrie.

Andrus Ansip, qui s’occupait de ces questions en l’absence d’un commissaire spécialisé, s’est notamment opposé au Parlement sur la réforme du droit d’auteur et aux États membres sur les spectres radios.

Mariya Gabriel et Andrus Ansip « aurons un rôle essentiel à jouer pour s’assurer que la réforme des télécoms en cours se termine de manière positive et permet davantage d’innovation, d’investissement et de choix pour les consommateurs européens », juge Lise Fuhr , directrice générale de l’association des opérateurs télécoms européens, ETNO.

« Nous espérons qu’elle apportera jeunesse et dynamisme (aux négociations) et adoptera une position progressiste sur les technologies », déclare quant à lui James Waterford, vice-président du bureau bruxellois de la CCIA (Computer and Communications Industry Association), un lobby représentant des firmes comme Google et Facebook.