Le clivage droite-gauche toujours d’actualité en Europe occidentale

EU Flags in Parliament

A multitude of colourful flags at the European Parliament in Strasbourg. [European Parliament/Flickr]

Malgré la montée de partis populistes, la division droite-gauche continue de se retrouver sur certains enjeux tels que l’immigration ou le rôle du gouvernement, selon une étude du think tank américain The Pew Research Centre.

Arrivée des partis populistes au pouvoir dans certains pays, montée de forces transpartisanes, les lignes de fracture semblent bouger dans les arènes politiques européennes. Cependant, la division gauche-droite est toujours d’actualité en Europe occidentale, selon une étude menée par le think tank américain the Pew Research Centre.

L’institut de recherche s’est concentré pour cette étude sur huit pays d’Europe occidentale (la France, le Danemark, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) et a interrogé plus de 16 000 personnes entre le 30 octobre et le 20 décembre de l’année dernière.

Chaque personne a dû se positionner sur une échelle gauche-centre-droite, et ses « opinions populistes » ont été mesurées sur la base de ses réponses à deux questions : les personnes ordinaires seraient-elles moins bonnes/ meilleures pour régler les problèmes du pays que les représentants élus ? La plupart de ces représentants accordent/n’accordent pas d’importance à ce que les personnes comme moi pensent ?

« Bien que les opinions populistes jouent un rôle important dans certains domaines clé, la différence d’attitudes entre les personnes se plaçant à gauche et celles se plaçant à droite tend à être plus importante sur une série d’enjeux majeurs », estime les auteurs de l’étude. La division gauche-droite est particulièrement prégnante sur les enjeux de l’immigration ou encore sur le rôle accordé au gouvernement.

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Sur l’enjeu de l’immigration par exemple, « les position idéologiques des peronnes, entre la gauche et la droite, structurent plus leurs attitudes par rapport à l’immigration que le fait qu’il ait ou non des opinions populistes », estiment les auteurs.

Sur le soutien aux partis également, la division gauche-droite continue d’opérer. Si les personnes opposées aux élites sont plus favorables aux partis populistes que les autres, « elles n’ont pas encore abandonné les partis traditionnels ».

« Les personnes à gauche, qu’elles aient ou non des opinions populistes, tendent à préférer les partis politiques de gauche, tandis que celles de droite préfèrent les partis de droite. Cela montre que les répondants avec des sympathies populistes ne soutiennent pas les partis populistes quelle que soit leur idéologie mais soutiennent plutôt des partis compatibles avec leurs propres tendances idéologiques. »

Confiance dans les institutions

D’après le sondage du Pew Research Centre, les personnes exprimant des opinions populistes sont marquées par une forte méfiance vis-à-vis des institutions traditionnelles.

Dans l’étude du think tank américain, ces dernières englobent les institutions militaires, les parlements nationaux, les médias d’information et les institutions financières.

Dans certains pays, cette méfiance se retrouve à une échelle plus large que celles des personnes aux opinions populistes. Si les institutions militaires sont préservées, les médias d’information, parlements nationaux et institutions financières suscitent peu la confiance des personnes interrogées en France, Italie, Espagne et au Royaume-Uni. Ainsi, seulement 33% des Français, et 16% des Italiens et des Espagnols disent faire confiance à leur parlement national. Au Royaume-Uni, seulement un tiers des répondants disent avoir confiance dans le parlement national et les médias d’information.

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Des vues paradoxales sur l’Union européenne

« En ce qui concerne l’Union européenne, les opinions populistes sont souvent une ligne de division plus importante que l’idéologie », note l’étude. Ces personnes sont plus nombreuses à revendiquer un retour de compétences de l’Union européenne vers l’échelon national.

L’enquête du Pew Resear Centre laisse néanmoins voir des opinions contrastées sur l’Union européenne. Si « une majorité des Européens occidentaux dans les huit pays sondés déclare que l’appartenance à l’UE a été une bonne chose pour l’économie nationale », beaucoup pensent également que des compétences de l’UE devraient retourner au niveau national.

Ce désir, plus répandu au Royaume-Uni, est également présent au Danemark et aux Pays-Bas. Bien que dans ces deux pays, une large majorité estime que l’impact de l’intégration européenne a été positif sur l’économie nationale, « près des deux tiers [de leurs répondants] déclarent que des compétences de l’UE doivent retourner [à l’échelon national] ».

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