Le « cordon sanitaire » se maintient au Parlement européen face à l’extrême droite

Les principaux groupes politiques du Parlement européen ont bel et bien empêché l’extrême droite d’y obtenir des postes d’influence, en la privant des présidences de commissions parlementaires qu’elle revendiquait.

Le groupe Identité et Démocratie (ID), où siègent les eurodéputés du Rassemblement national (RN) et de la Ligue italienne, souhaitait notamment obtenir la tête de la commission chargée de l’Agriculture et de celle chargée des affaires juridiques.

Mais le PPE (droite), les sociaux-démocrates, les libéraux de Renew Europe et les Verts ont dressé un « cordon sanitaire » pour faire barrage aux candidats du groupe ID.

La Française Maxette Pirbakas (RN) n’a ainsi pas obtenu le nombre de voix nécessaires pour prendre la tête de la commission agriculture, attribuée à une large majorité à l’Allemand Norbert Lins (PPE).

De la même manière, le Français Gilles Lebreton (RN) a échoué à obtenir la présidence de la commission chargée des affaires juridiques, attribuée à la Britannique Lucy Nethsingha, membre du groupe Renew Europe.

Le Parlement européen continue de boycotter le Rassemblement national

En quête de respectabilité, le Rassemblement national et ses alliés se heurtent au refus des autres groupes politiques de les inclure dans le système de répartition des postes clés au sein du Parlement.

C’est un « déni de démocratie », a déploré M. Lebreton, jugeant que le groupe ID, cinquième plus important de l’hémicycle européen en termes d’effectifs, « aurait dû se voir attribuer un nombre de postes de responsabilités équivalant à son poids électoral ».

La règle de répartition des postes clés qui est d’usage au Parlement européen prévoit en effet de refléter le poids des groupes politiques. Ceux-ci appliquent une formule mathématique complexe dite « méthode d’Hondt » pour départager leurs choix.

Son application aurait dû permettre à l’extrême droite d’obtenir les deux présidences qu’elle revendiquait. Mais les principaux groupes politiques du Parlement européen se sont entendus pour leur barrer la route lors du vote de confirmation qui a eu lieu mercredi.

Ils estiment notamment que l’extrême droite n’est pas légitime pour revendiquer des postes dans une institution que, selon eux, ils ne respectent pas.

Les commissions parlementaires jouent un rôle clé dans le travail du Parlement européen. Elles sont notamment en première ligne dans les négociations de textes législatifs avec la Commission et les États membres, en amont des votes en plénière.

Le nouveau Parlement tente de se répartir les postes clés sans l'extrême droite

Les groupes politiques au Parlement européen ont commencé à se répartir les postes clés avant la session plénière d’ouverture. Chacun a émis ses premiers choix pour les postes de présidents et vice-présidents des 20 commissions parlementaires.

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