Le comportement de Jean-Luc Mélenchon comparé à celui d’Orban

Jean-Luc Mélenchon

Le député France Insoumise a suscité de nombreuses condamnations après avoir critiqué voire insulté des médias, mais aussi la justice et la police.

De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les propos violents de l’ex-eurodéputé France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, devenu député à l’Assemblée nationale, à l’égard de la presse, de la justice et de la police.

L’élu a insulté et menacé plusieurs journalistes et médias ces derniers jours, après la perquisition qui s’est déroulée chez lui dans le cadre d’une enquête sur le financement de ses assistants parlementaires, mais aussi de sa campagne présidentielle pour les élections de 2017. Il s’en est notamment pris au site Mediapart, aux journalistes de France Info ou à France 3, allant jusqu’à appeler à « pourrir » les journalistes de France Info sur Facebook.

« Il se comporte comme tous ces populistes dans les démocraties illibérales, c’est-à-dire qu’il pense qu’on arrive au pouvoir par les urnes, mais qu’ensuite il va combattre les libertés. Ce qu’il a fait sur la presse, ce qu’il a fait sur la justice, c’est pas très différent de ce qui se passe avec Orban (Premier ministre hongrois), et Kaszynski, (ex-Premier ministre polonais) », a assuré le commissaire français Pierre Moscovici sur France Inter le 22 octobre.

La ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a également dénoncé ces propos sur Twitter.

Une trentaine de Sociétés des journalistes (SDJ) de différents médias ont rédigé un communiqué commun dénonçant les attaques envers leurs confrères.

Au Parlement européen, le groupe de gauche radicale, la GUE, a apporté son soutien à Jean-Luc Mélenchon après les perquisitions.« Nous considérons que les actions de la police sont motivées par des considérations politiques » a ainsi assuré le parti de gauche radicale.

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Marine Le Pen a aussi apporté son soutien à Jean-Luc Mélenchon, estimant qu’un « parti politique ne peut pas être perquisitionné par le biais d’une enquête préliminaire mais sur la demande d’un juge d’instruction, parce que c’est l’article 4 de la Constitution qui protège les partis politiques ».

Une interprétation très personnelle de la Constitution, dont l’article 4 protège bien le fonctionnement des partis politiques, en précisant que « les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie ».

Le fait qu’une enquête préliminaire soit ouverte sur des irrégularités passées n’empêche a priori pas le parti de fonctionner librement.

En plus de l’affaire des assistants parlementaires, sur laquelle la justice enquête chez le Front national, le Modem et la France Insoumise, la justice s’interroge sur des surfacturations de prestations par la directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou. Ce à quoi l’élu pourtant très critique des théories libérales répond que les tarifs étaient ceux du marché.

La remise en cause du pouvoir de la justice et des médias est une rengaine assez courante dans la politique française. La famille Le Pen et l’extrême-droite sont d’ordinaire les spécialistes, mais la droite traditionnelle a aussi largement embrayé lors des dernières élections présidentielles en défense de son candidat François Fillon, et les récentes déclarations de la gauche radicale montrent que l’échiquier politique est poreux à ce type de prises de positions.

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