Le Parlement européen monte au créneau sur la candidature de Luis de Guindos

Roberto Gualtieri, président de la Commission Affaires Economiques et Monétaires du Parlement européen

Le président de la commission ECON a écrit au président de l’Eurogroupe un courrier lapidaire consulté par Euractiv. Les élus réclament au Conseil «plus de coopération».

Le président de la commission des affaires économiques et monétaires, Roberto Gualtieri, a envoyé cette semaine un courrier courtois mais direct au président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, à propos de la nomination de Luis de Guindos.

Choisi en tant que futur vice-président de la Banque centrale européenne par le Conseil de l’UE, le candidat espagnol a ensuite été auditionné par la commission ECON au Parlement européen.

Le Parlement européen veut changer le mode de recrutement des hauts postes de l’UE

Le cas problématique de Luis De Guindos suscite une fronde des élus sur le mode de sélection des postes à haute responsabilité. Le candidat espagnol à la vice-présidence de la BCE pourrait en faire les frais.

Les eurodéputés avaient soutenu le 27 février une proposition de Pervenche Berès, conditionnant leur vote en plénière à une évolution de la procédure de sélection des membres de la BCE.

« Je dois souligner que plus de coopération est attendue du Conseil par les membres d’ECON avant le vote en plénière » la semaine prochaine, insiste le président de la commission dans sa missive.

Le vote pourrait s’avérer plus compliqué que prévu, le sujet dépassant désormais les clivages politiques. Car c’est plutôt une lutte de pouvoir du Parlement européen contre le manque de transparence et les abus de pouvoir du Conseil européen qui semble se dessiner.

« Nous attendons avec impatience votre engagement, avant la plénière de mars, à propos de :

-le calendrier des différentes étapes qui seront prises avant les prochaines nominations afin d’assurer suffisamment de temps pour les consultations formelles et informelles du Parlement européen

-la présentation d’une liste mixte d’au moins trois candidats

-des efforts communs pour améliorer la transparence et la compétitivité du processus.

Le Parlement européen n’a qu’un avis consultatif, mais se bat régulièrement pour tenter d’imposer plus de femmes au sein de l’institution très masculine.

Changement de procédure contre traité

Le conseil des gouverneurs de la BCE a déclaré n’avoir pas d’objection à la nomination de Luis de Guindos, le ministre espagnol des Finances, au poste de numéro deux de l’institut de Francfort, dans un communiqué publié le 7 mars.

« M. de Guindos est une personne à la compétence reconnue, qui a une expérience en matière bancaire et monétaire comme l’article 293(2) du traité l’exige », ont souligné les gouverneurs.

En se cachant derrière l’article du traité européen qui définit la procédure de nomination de ses membres pour huit ans, le conseil des gouverneurs, composé à 92 % d’hommes, soulève un contre-feu face aux arguments du Parlement européen, qui souhaite justement que la procédure évolue. Une affaire à suivre lors de la prochaine session parlementaire à Strasbourg.

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