Le Parlement européen râle contre un eurodéputé France Insoumise

Donald Tusk et Jean-Claude Juncker à Tokyo pour signer le Jafta

La tentative de pression de l’administration du Parlement européen sur un tweet a choqué Younous Omarjee, qui dénonce une atteinte à la liberté d’expression. L’unité de « réfutation » des fake news du Parlement européen est à l’origine du débat.

« C’est une tentative d’intimidation ! » Alors que le Parlement européen reprend tout juste ses sessions, le député européen France Insoumise Younous Omarjee est déjà révolté. Son assistant s’est vu vertement tancé par un membre de la direction de la communication du Parlement, à propos d’un tweet de l’eurodéputé sur l’accord commercial avec le Japon, ou Jafta. Fin juillet, le président de la Commission européenne avait signé un accord de libre-échange négocié de longue date avec Tokyo.

L'UE et le Japon cimentent leur relation face au protectionnisme de Trump

L’Union européenne et le Japon ont signé un accord commercial le 17 juillet, un message fort pour montrer leur opposition au Président américain, Donald Trump, et à ses attaques à l’encontre du libre-échange et de l’ordre international.

Lors d’une réunion en commission, l’élu de gauche radicale avait  condamné l’aspect peu démocratique de cet accord. Il avait notamment souligné que le Parlement européen n’avait pas été consulté sur le sujet.

« C’est une fake news. Or nous sommes mandatés par le bureau du Parlement européen pour lutter contre les fake news », aurait assuré le fonctionnaire.

Le terme de  « fake news » est discutable : le traité prévoit que la Commission signe des accords commerciaux sur mandat des États membres, et le Parlement européen ne participe pas à ce processus. Il vote seulement un avis a posteriori, après la signature de l’accord.

« Le Parlement européen ne peut que dire oui ou non à un accord. C’est bien cela que je dénonce. Mais je n’ai pas à m’expliquer sur ce que je dis ou non sur Twitter. En tant qu’élu, ma parole est libre. Je n’ai pas à subir l’administration, c’est une atteinte à la liberté d’expression », s’insurge l’eurodéputé. L’élu a envoyé un courrier au président du Parlement européen, Antonio Tajani, pour lui faire part de son étonnement.

Le député a déjà reçu le soutien de l’eurodéputé vert Philippe Lamberts.

Le Parlement européen reconnait de son côté avoir contacté l’assistant de M. Omarjee

« On a estimé utile d’expliquer qu’en fait le Parlement européen doit, et va étudier la proposition de traité et ensuite voter sur le sujet. Même chose pour le Conseil de l’UE et les parlements nationaux qui doivent ratifier le traité »,  explique la direction de la communication du Parlement européen.

L’organisation déjà complexe du Parlement européen s’est doté d’une unité supplémentaire cette année, en charge de la « réfutation » – ou rebuttal unit en anglais, à l’origine de cette réaction. La structure est d’ordinaire surtout active sur les réseaux sociaux. L’épisode montre aussi les limites de son objet : la vérité étant rarement univoque, toute tentative de réfuter des affirmations perçues comme fausses est rapidement assimilée à de la censure.

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