Le Parlement impuissant face aux propos sexistes des eurodéputés

Le vice-président du Parlement européen veut imposer une « sanction maximale » à l’eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke, qui tient régulièrement des propos misogynes. Un article de notre partenaire Euroefe.

Le député européen Janusz Korwin-Mikk a une nouvelle fois tenu des propos outrageusement sexistes lors d’un débat la semaine dernière sur l’écart de rémunération entre hommes et femmes.

Une habitude pour cet élu du parti Droit et justice, qui cumule les interventions racistes, xénophobes, et sexistes lors de ses prises de paroles dans l’hémicycle. Et une épine dans le pied de l’institution européenne, qui ne dispose pas d’outils de sanction adaptés pour répondre à ces dérapages.

« Si ça dépendait de moi, je l’aurais déjà mis à la porte et en plus de ça, je le trainerais devant la justice », a assuré le vice-président du Parlement européen, Ramón Luis Valcárcel (PPE), lors d’une interview avec l’agence de presse espagnole EFE.

En ce sens, il a regretté qu’il n’y ait pas de « règlement qui nous protège » ce type de discours. Au Parlement européen, Janusz Korwin-Mikke a, entre autres propos, déclaré qu’il était normal que les femmes gagnent moins que les hommes, car elles étaient « plus faibles, plus petites et moins intelligentes ».

Le vice-président du Parlement a donc estimé qu’il était absolument essentiel d’avoir la possibilité d’appuyer sur un « bouton rouge » pour interrompre les eurodéputés qui insultent ou utilisent, lors de leurs interventions, des propos racistes ou xénophobes.

Selon Ramón Luis Valcárcel, le cas de Janusz Korwin-Mikke, « un individu grossier et détestable lors de ses interventions », qui est allé jusqu’à qualifier les réfugiés de « poubelle humaine », n’est malheureusement pas un cas isolé.

Pour un bouton rouge au Parlement

« Une fausse note est déjà de trop, mais on ne parle pas seulement d’une seule fausse note, il y en a plus d’une et généralement elles proviennent des mêmes groupes politiques », c’est-à-dire de l’extrême droite, qui « s’attèle à dire les plus incroyables absurdités », et de l’extrême gauche, « où les Espagnols font tout, y compris mentir, pour humilier l’Espagne », a-t-il commenté.

Récidiviste

Lorsque l’eurodéputé polonais a tenu ces propos, « c’était exactement le moment de l’interpeller, de le jeter dehors et de lui dire : vous ne mettrez plus jamais les pieds dans ce Parlement », s’est indigné Ramón Luis Valcárcel. Dans le même temps, ce dernier a manifesté son impuissance face à l’attitude récidiviste de Janusz Korwin-Mikke, qui fait actuellement l’objet d’une enquête du Parlement européen.

« Ce monsieur a été expulsé plusieurs fois. Je lui ai retiré la parole à plusieurs reprises », a affirmé le vice-président du Parlement, pour qui ces « injures sont une insulte à l’institution, à la citoyenneté et à l’intelligence humaine et n’ont rien à voir avec la liberté d’expression ».

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.