Les socialistes espagnols veulent une femme à la BCE

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne : 21 hommes pour 2 femmes Photo BCE

Le chef de file des socialistes espagnols, Pedro Sánchez, a averti son gouvernement qu’il ne soutiendrait son candidat à la vice-présidence de la BCE que s’il agissait d’une candidate. Un article d’Euroefe.

Le délai pour présenter des candidatures à la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE) se termine mercredi, et le gouvernement, qui prend pour acquis la nomination d’un Espagnol, n’a pas encore dévoilé le nom de son candidat.

Lors d’une rencontre entre les députés, les sénateurs et les eurodéputés à Madrid, le secrétaire général du parti socialiste (PSOE) a rejeté la candidature du ministre de l’Économie, Luis de Guindos, au poste de vice-président de la BCE et a demandé à l’exécutif de nommer un technicien à ce « poste de responsabilité technique ».

Le PSOE soutiendra donc la proposition du gouvernement à condition que la candidate soit une femme, qualifiée et experte en politique monétaire. « Toute proposition ne respectant pas ces conditions sera rejetée par le parti à Madrid et à Bruxelles », a-t-il prévenu.

Même combat au Parlement européen

La veille en séance plénière, les eurodéputés ont demandé à l’Eurogroupe de leur remettre une liste des candidats à la vice-présidence de la Banque centrale européenne qui soit équilibrée au niveau du genre, pour que le Parlement européen puisse en discuter et que les citoyens puissent connaître leur profil.

« Je me permets de m’adresser à l’Eurogroupe, au nom de la majorité de ce Parlement, pour leur réclamer une liste de candidats qui fera l’objet d’un débat au Parlement européen », a déclaré l’eurodéputé socialiste espagnol Jonás Fernández, rapporteur du rapport sur l’activité de la BCE en 2017, débattu en plénière.

Jonás Fernández a profité de son intervention finale après le débat organisé en présence du président de la BCE, Mario Draghi, pour demander que cette liste soit « équilibrée entre les sexes ».

Les ministres de l’Économie des pays de la zone euro (l’Eurogroupe) nommeront un nouveau vice-président le 19 février. Le Parlement et la BCE auront ensuite leur mot à dire, mais leur avis ne sera pas contraignant.

Durant le débat du 5 février, plusieurs eurodéputés ont averti Mario Draghi des différents critères que devra remplir le candidat, mais le président de la BCE n’a fait aucun commentaire à ce sujet.

L’eurodéputée française, Pervenche Berès, a déclaré que le Parlement européen attendait une « liste équilibrée, qui garantisse tous les critères du traité pour la fonction de vice-président de votre institution ».

La Cour des comptes tacle encore l'opacité de la BCE

La Cour des comptes européenne a dénoncé la BCE, qui refuse de lui livrer des informations importantes pour l’évaluation de son rôle dans la supervision des grandes banques européennes.

L’eurodéputé allemand Sven Giegold (Verts) a quant à lui fait référence à la possibilité de voir un ministre passer directement d’un gouvernement au comité exécutif de la BCE, sans mentionner directement la candidature de Luis de Guindos.

« Est-ce dans l’ordre des choses que d’anciens ministres des Finances, qui ont participé durant des années à l’Eurogroupe, soient envoyés directement à la direction de la BCE ? Est-ce conforme au principe d’indépendance des banques centrales ? », a-t-il demandé tout en interpellant l’eurodéputé irlandais Brian Hayes (PPE).

Ce dernier estime quant à lui que les critères à évaluer pour cette nomination doivent être « l’objectivité, l’indépendance et les compétences techniques ». Jusqu’à présent, seule l’Irlande a présenté son candidat, qui est l’actuel gouverneur de la Banque centrale irlandaise, Philip Lane.

Le Parlement tente ainsi d’accroître la pression exercée sur l’Eurogroupe pour obtenir un équilibre des genres parmi les candidats. Une demande qui, en 2012, n’avait pas empêché la nomination d’Yves Mersh, mais qui l’avait retardée.

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