Les 28 peinent à trouver un consensus pour diriger la Commission européenne

La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET / POOL]

Le sommet des 28 a été ajourné dans un climat d’amertume le 1er juillet après près de 18 heures de négociations sur la distribution des postes clés. En cause ? L’opposition du PPE et des Etats membres de l’Est.

Les dirigeants européens se sont accordés à reprendre  les négociations à 11h mardi matin, mais la chancelière allemande Angela Merkel laisse entendre qu’il sera encore difficile de débloquer l’impasse et de trouver le successeur de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

« Les discussions sont compliquées », a-t-elle reconnu, mais elle a dit « espérer qu’avec de la bonne volonté, un compromis sera faisable ».

La tentative d’accord qui donnait la présidence de la Commission européenne au socialiste Frans Timmermans a été vivement rejetée par les quatre pays de Visegrad – Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie – ainsi que l’Italie, et soutenu par Angela Merkel, Emmanuel Macron et de nombreux autres dirigeants.

Emmanuel Macron a attribué cette échec aux divisions politiques chez les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), dont les dirigeants continuent à insister pour nommer leur candidat, Manfred Weber, à la tête de la Commission, alors qu’il était clair qu’il n’avait de majorité ni au Conseil ni au Parlement européen.

Le Président français a également constaté des « divisions géographiques » au Conseil européen, faisant référence à l’opposition des pays de Visegrad à la nomination de Frans Timmermans, qui a sévi contre la Pologne et la Hongrie ces deux dernières années pour leur non-respect de l’état de droit.

Visiblement fatiguée mais pleine d’espoir pour trouver un consensus demain, Angela Merkel  a déclaré qu’elle ne serait pas satisfaite d’un accord qui n’obtient qu’une majorité minimale (21 des 28 pays, représentant ensemble 65 % de la population européenne).

Macron réprouve l’échec du sommet de Bruxelles

À l’issue de la rencontre entre chef d’État et de gouvernement, le président français Emmanuel Macron a déploré l’échec des négociations, estimant que ce blocage donnait « une image pas sérieuse de l’Europe ».

Accord d’Osaka

Les dirigeants des plus grandes économies européennes avaient pourtant trouvé un accord lors du G20 à Osaka au Japon, dans lequel Angela Merkel était prête à donner la présidence de la Commission à Frans Timmermans, au détriment de son parti le PPE, qui a pourtant remporté les élections européennes. Un pacte qui a vraisemblablement plus que déplu à la plus grande famille politique de l’hémicycle.

Pourtant, selon le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, l’accord avait été approuvé par Frans Timmermans et Manfred Weber en personne, afin de sauver le processus de Spitzenkandidaten. La présidence de la Commission devait revenir à Frans Timmermans, celle du Parlement à Manfred Weber et celle du Conseil aux libéraux de Renew Europe.

Les chefs d’État empêtrés dans la nomination des postes clés de l'Europe

Malgré une nuit de négociations, les chefs d’État et de gouvernement étaient toujours incapables de trouver un consensus sur la répartition des postes clés de l’UE.

Après l’échec de l’accord d’Osaka, Donald Tusk a lancé un nouveau cycle de négociations qui a duré plusieurs heures. Lorsque les dirigeants se sont réunis à nouveau lundi matin, une grande variété de propositions a été mise sur la table, mais aucune d’entre elles n’est parvenue au consensus nécessaire pour prendre une décision. Le président du Conseil a donc décidé de suspendre la réunion.

Plusieurs possibilités sont encore sur la table et Donald Tusk devra encore consulter les dirigeants pour déterminer quelle option obtiendra l’accord final le mardi 2 juillet. Des sources européennes ont toutefois reconnu la nécessité d’un vote puisque les divergences perdurent.

Le Premier ministre estonien Jüri Ratas a déclaré aux journalistes que « beaucoup de pays » souhaitaient une meilleure répartition en termes d’équilibre géographique et d’équilibre entre les sexes, entre les grands et les petits pays.

« Je pense que tous les collègues comprennent que l’Europe centrale et orientale doit aussi avoir un représentant très fort, mais nous verrons bien », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que tous les dirigeants étaient d’accord pour trouver une solution lors de la réunion de demain.  « Pour l’instant, je suis assez optimiste. »

 

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