Macron réprouve l’échec du sommet de Bruxelles

Emmanuel Macron a vertement critiqué le résultat du conseil européen. [European Union]

À l’issue de la rencontre entre chef d’État et de gouvernement, le président français Emmanuel Macron a déploré l’échec des négociations, estimant que ce blocage donnait « une image pas sérieuse de l’Europe ».

« Echec », « aucun résultat », « très mauvaise image de l’Europe ». À l’issue de la longue réunion des chefs d’État et de gouvernement qui s’est déroulée le 30 juin et le 1er juillet au matin, Emmanuel Macron n’a pas mâché ses mots pour dénoncer le blocage sur la nomination du futur chef de l’exécutif européen.

L‘épineux sujet – sur lequel les vingt-huit ont déjà échoué à s’accorder le 22 juin dernier – a de nouveau mis à mal l’unité européenne, et ce malgré les concessions de la chancelière Angela Merkel.

« Il y a eu une étroite coordination avec la chancelière allemande qui s’est engagée au sein de la famille PPE pour trouver un compromis », a salué le président. Mais le poids de la chancelière dans les négociations n’aura pas suffi à trouver un compromis au sein de la famille du Parti populaire européen (PPE). C’est d’ailleurs à la principale famille politique que Macron reproche l’échec du sommet. « Cet échec est le résultat de divisions, d’un côté celle du PPE où plusieurs leaders se sont désolidarisé de la positions qui avait été négociée » a-t-il affirmé.

Après de longues heures de négociations, aucun des candidats pressentis n’a émergé. Un blocage que le président français a particulièrement critiqué à la sortie de la réunion, le lundi 1er juillet.

« Tout ce processus a été mal pensé » a-t-il regretté, en faisant référence au processus des spitzenkandidat. « Notre crédibilité est profondément entachée » a-t-il poursuivi. « Cet échec est lié aux divisions et parfois à des ambitions personnelles qui n’avaient pas lieu d’être autour de la table», a-t-il  expliqué, en se refusant à citer des noms.

Suspendu, le sommet devrait reprendre le 2 juillet. « Je reviens demain à 11h et je pense que demain en quelques heures nous pourrons avoir un accord », a-t-il espéré.

Division géographique

Parmi les obstacles qui ont empêché le compromis sur le nom du successeur de Jean-Claude Juncker, le président Macron a pointé du doigt les « divisions géographiques » auxquelles l’Europe est sujette. Une critique qui vise principalement le clivage entre l’est et l’ouest de l’Europe.

Cette difficulté de coordination entre les différents pôles géographiques du continent a d’ailleurs servi de point d’appui au président français pour s’opposer une nouvelle fois à de futurs élargissements de l’UE, actuellement en négociations avec les pays des Balkans.

« Je suis plus que sceptique face à ceux qui disent que l’avenir de l’Europe se tient dans un nouvel élargissement quand on n’arrive déjà pas à se mettre d’accord à vingt-huit » a-t-il expliqué. « Je refuserai tout élargissement avant toute réforme en profondeur de notre fonctionnement institutionnel ».

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