Moscovici ouvre la course à la succession de Juncker

Pierre Moscovici

Jean-Claude Juncker arrivant à la moitié de son mandat, la course à sa succession a commencé. Le président de la Commission européenne a toujours assuré qu’il ne briguerait pas un second mandat. Un article d’Euroefe.

Le premier à sauter dans l’arène est l’actuel commissaire européen en charge des affaires économiques et financières, le socialiste français Pierre Moscovici, âgé de 59 ans. « La candidature au poste de président de la Commission pourrait m’intéresser », a-t-il déclaré à l’hebdomadaire Welt am Soontag.

L’homme politique français assure avoir « l’expérience nécessaire » pour le poste, mais prévient qu’il ne postulera officiellement que s’il voit des chances de victoire. « Je ne veux pas faire campagne pour faire campagne, mais pour gagner », a-t-il ajouté.

Nouvelles ambitions

Avant d’atterrir à Bruxelles fin 2014, Pierre Moscovici était ministre de l’Économie en France, sous la présidence du socialiste François Hollande.

Le premier défi du commissaire pour se donner les moyens de ses ambitions est de se repositionner dans l’espace politique suite à l’effondrement du Parti socialiste français lors des élections présidentielles et législatives.

« La social-démocratie en Europe est en crise. Elle manque de détermination, d’une direction claire et d’idées. La question est la suivante : pouvons-nous nous reconstruire en deux ans ? », s’est-il demandé.

Le nouvel homme fort de la France – et de l’Europe – est le président et socio-libéral Emmanuel Macron, et Pierre Moscovici aura besoin de son soutien pour faire de son rêve de devenir président de la Commission une réalité.

Comme beaucoup d’autres dans son parti, Pierre Moscovici a commencé à se convertir au macronisme, même s’il n’a pas abandonné le PS. « Emmanuel Macron est une bonne nouvelle pour la France et pour l’Europe », disait-il dans une récente interview avec Euronews.

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Outre l’appui potentiel de la France, Pierre Moscovici aura aussi besoin du soutien des États membres de l’UE. Sur proposition du Conseil, le Parlement européen désigne ensuite à la majorité absolue le président de la Commission, qui reçoit un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.

Dernier socialiste à la présidence

Paradoxalement, sa condition de social-démocrate, accompagnée d’un rapprochement progressif d’Emmanuel Macron, peut jouer en sa faveur.

Actuellement, les trois institutions phares de l’UE sont monopolisées par les conservateurs : la Commission européenne, avec Jean-Claude Juncker à sa tête, le Parlement européen, avec Antonio Tajani et le Conseil européen avec Donald Tusk.

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À la tête de l’exécutif européen, des politiques de centre droit se sont succédé sans interruption depuis 2014 puisque Jean-Claude Juncker a pris la place du portugais José Manuel Barroso. Le dernier socialiste qui a dirigé la Commission était l’espagnol Manuel Marin, mais seulement de manière intérimaire durant six mois en 1999.

Pour se souvenir d’une Commission européenne véritablement présidée par un socialiste, il faut remonter au mandat du français Jacques Delors de 1985 à 1995. Au début de son mandat, l’Espagne et le Portugal ne faisaient pas encore partie de l’UE et à la fin de ses dix années, l’UE comptait 15 membres.