Inquiétudes sur la relocalisation de l’Agence européenne des médicaments

Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen à la Santé. [Sarantis Michalopoulos]

Les organisations de patients craignent qu’une relocalisation trop lente de l’Agence européenne des médicaments ne perturbe les systèmes de santé.

Le déclenchement de l’article 50 par le gouvernement britannique a intensifié les discussions sur la relocalisation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) à Londres.

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré à Euractiv que l’emplacement de l’agence serait déterminé par « un accord commun entre les représentants des États membres ou par le Conseil ».

La déclaration commune datant de 2012 sur les agences décentralisées, soutenue par le Parlement européen, le Conseil et la Commission, établit un certain nombre de critères à prendre en compte pour décider du pays où siègera l’agence.

L’accessibilité du lieu est un critère central ainsi que l’existence de structures éducatives pour les enfants du personnel.

Le 12 avril, trois associations de patients ont envoyé une lettre au commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, ainsi qu’à Michel Barnier, le responsable européen des négociations sur le Brexit, soulignant la nécessité d’une rapide relocalisation de l’agence.

Le Bureau européen des consommateurs (BEUC), le forum européen des patients et Eurordis, la plateforme des maladies rares, ont déclaré que l’imminente relocalisation de l’EMA était « source d’inquiétude pour les patients et les consommateurs européens à travers l’UE ».

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Selon les ONG, le nouvel emplacement devrait être décidé « le plus tôt possible » afin d’assurer un minimum de perturbations et d’éviter les retards vis-à-vis des activités de pharmacovigilance et d’évaluation des nouveaux médicaments.

Prérequis

Les organisations de patients ont appelé les commissaires à attirer l’attention du Conseil sur la nécessité de se montrer « extrêmement vigilant pour décider d’un emplacement optimal ».

« Les critères doivent se concentrer sur des facteurs pratiques et environnementaux qui gouverneront la capacité de l’EMA à garder le plus possible de ses experts actuels et à attirer et impliquer les meilleurs experts médicaux, scientifiques et de la société civile à l’avenir », indique la lettre.

Concernant les conditions du pays d’accueil, les ONG soulignent le coût de la vie, notamment le transport et le logement.

« Un aéroport international avec des vols quotidiens, directs et à prix raisonnables » est nécessaire, souligne la lettre, ajoutant que les vols indirects entraînent souvent une journée supplémentaire de voyage et le coût d’une nuit en plus.

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« Le prix des billets d’avion est aussi important puisqu’il a des conséquences sur le budget de l’agence, mais aussi sur celui des représentants de consommateurs et de patients qui prennent parfois eux-mêmes en charge leurs déplacements », ont affirmé les organisations, tout en expliquant que le temps de trajet entre l’aéroport et l’agence devait aussi être pris en compte.

Enfin, les ONG ont aussi fait référence à la présence d’hôtel de gammes de prix différentes proches de l’agence.

Barcelone dans la course

La relocalisation de l’agence a déjà suscité l’intérêt de plusieurs pays européens comme la Suède, le Danemark, l’Italie, la France, l’Irlande, l’Allemagne, la Grèce et la Croatie.

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En 1992, la capitale catalane avait proposé d’accueillir l’agence, mais avait fini en seconde place derrière Londres. Dans un communiqué récent, le gouvernement catalan affirme que Barcelone répond déjà aux exigences d’accessibilité, de communication, de transport et d’infrastructures.

La Generalitat a aussi expliqué que le secteur pharmaceutique était l’un des principaux atouts de l’industrie du pays et un important contributeur de la recherche et du développement catalan.

« Accueillir l’Agence européenne du médicament renforcerait le développement économique et social de la capitale catalane, et aurait donc un impact positif sur la Catalogne et l’Espagne », indique le communiqué.

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