Un nouveau vice-président eurosceptique au Parlement

Zdzisław Krasnodębski en 2014 avant d'être élu député européen. [Waldemar Borowski/CCBY]

Le nouveau vice-président au Parlement a notamment participé à l’élaboration du programme du PiS, le parti ultraconservateur polonais, dont les réformes sont jugées antidémocratiques par… le Parlement. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

L’eurodéputé polonais Zdzisław Krasnodębski a largement été élu vice-président du Parlement européen (ils sont 14), jeudi, face à son adversaire écologiste, l’Estonien Indrek Tarand. Avec 276 bulletins (secrets) contre 193, soit 282 abstentions.

Relativement novice en politique – c’est son premier mandat – Zdzisław Krasnodębski, 64 ans, remplace son compatriote Ryszard Czarnecki. Ce dernier a été démis de ses fonctions au début du mois de février pour avoir qualifié l’eurodéputée libérale Róża Thun de collaboratrice nazie.

Les deux députés font partie du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) et sont des sympathisants du PiS, le parti ultraconservateur au pouvoir en Pologne. Krasnodębski est membre de la Commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie.

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Un proche de Kaczyński

Proche de longue date des frères Kaczyński – Jarosław est à la tête du PiS – il a été régulièrement nommé depuis les années 2000 dans des institutions nationales, comme le Centre national de développement, l’Institut polonais des affaires internationales ou la Fondation pour la coopération polono-allemande. Mais Zdzisław Krasnodębski, diplômé de sociologie et de philosophie de l’Université de Varsovie, s’est surtout illustré dans le domaine universitaire. Il a principalement enseigné dans la capitale polonaise ainsi qu’à Brême (Allemagne).

Malgré cette trajectoire très européenne, il affiche des positions eurosceptiques. Il y a quelques mois, il a suggéré que la Pologne organise un référendum pour sortir de l’Union européenne. Comme le reste du parti Droit et Justice, il ne porte pas Donald Tusk, le président du Conseil européen et ancien Premier ministre polonais, en haute estime. Il a notamment déclaré que ce dernier « devrait prendre la nationalité allemande, par souci de clarté ». Donald Tusk est fréquemment la cible des ultraconservateurs, qui l’accusent de nuire aux intérêts de la Pologne.

C’est également jeudi que le Parlement a approuvé la décision de la Commission européenne de déclencher l’article 7 contre la Pologne. Cette procédure doit permettre de sanctionner politiquement les atteintes répétées de Varsovie contre la démocratie – les réformes de la justice et des médias sont notamment visées. Réformes qui font partie du programme mis en place par le PiS depuis 2015… que Zdzisław Krasnodębski a contribué à rédiger.

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