La polémique du kebab s’éteint au Parlement européen

Un restaurant de kebabs à Prague. [Finnur Magnusson/Flickr]

À trois voix près, l’interdiction du phosphate dans les produits surgelés à base de viande n’a pas été retenue par les eurodéputés.

L’objection parlementaire visant à faire interdire l’utilisation de phosphate dans les produits surgelés à base de viande n’a finalement pas été retenue. Cette objection avait entraîné une polémique autour de la viande de kebab : une eurodéputée allemande, membre des conservateurs de la CDU, avait publié un statut affirmant ce vote aurait pour effet d’interdire la vente de kebabs dans l’Union européenne.

Un raccourci mensonger qui  avait été repris par de nombreux titres de presse à travers l’Europe, affirmant à tort que les parlementaires souhaitaient interdire les kebabs.

L'interdiction des kebabs par le Parlement européen, info ou intox?

Une objection, votée en commission santé et visant à faire interdire les additifs phosphatés de la viande de kebab, a généré une polémique orchestrée par le groupe PPE et par certains titres de presse.

Rejeté à trois voix près

L’objection à la proposition initiale de la Commission européenne devait être votée au Parlement réuni en session plénière ce mercredi 13 décembre. Les députés du groupe PPE, majoritaires à Strasbourg, ont eu raison de l’objection présentée par l’eurodéputé Vert, Bart Staes.

Pour être retenue, l’objection devait réunir la majorité qualifiée au parlement, soit 376 voix. Il aura manqué trois voix aux soutiens de Bart Staes pour faire interdire les additifs controversés.

Suite au vote, le député Marc Tarabella membre du groupe socialiste (S&D), favorable à l’interdiction des additifs phosphatés, regrette que « la droite et les conservateurs européens permettent que cette substance potentiellement dangereuse soit utilisée dans l’alimentation ». Ces additifs sont, d’après Michèle Rivasi (Les Verts) « utilisés pour rendre la viande plus tendre et pour renforcer le goût ».

Risques sanitaires vs. soutien à l’emploi

Les eurodéputés Verts, dont Bart Staes, auteur de l’objection, soutiennent que les dérivés de phosphates présents dans les viandes de kebabs entraînent un risque d’accident cardiovasculaire chez les consommateurs. Ils se basent sur deux études, publiées respectivement en 2012 et 2013 en Allemagne et aux États-Unis, qui démontrent des liens potentiels entre les additifs phosphatés et les complications cardiovasculaires. Une autre étude, menée par l’Agence européenne de sécurité des aliments en 2013, infirme ce lien.

Les eurodéputés PPE se félicitent de l’issue du vote. Dans une vidéo mise en ligne par le groupe PPE, Renate Sommer réfute l’existence de risques sanitaires liés à la présence de phosphate. L’eurodéputée explique que l’objection aurait eu des conséquences désastreuses pour l’emploi : « nous aurions perdu à peu près 200 000 emplois à travers l’Europe, dont plus de 100 000 se trouvent en Allemagne », pays dans lequel la plupart des broches de kebab sont produites.

Subscribe to our newsletters

Subscribe