Le Parlement européen refuse de s’excuser après la suspension de fonctionnaires grecs

Le Parlement européen à Bruxelles. [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Le Parlement européen a refusé de publier un communiqué de presse reconnaissant son erreur lorsqu’il a ciblé trois fonctionnaires grecs de sa branche d’Athènes dans le cadre d’une enquête administrative lancée en 2018.

Début 2018, une enquête administrative a été ouverte sur l’antenne du Parlement européen en Grèce, qui a conduit à la suspension temporaire de trois fonctionnaires grecs.

Marjory van den Broeke, alors porte-parole adjointe du Parlement européen, avait déclaré au journal grec Kathimerini que ces personnes étaient soupçonnées de mauvaise gestion financière.

« L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a mené une enquête préliminaire sur l’affaire et a conclu qu’un examen plus approfondi serait nécessaire », avait-elle indiqué en mars 2018.

Mais après deux ans d’enquête, aucune mauvaise gestion n’a pu être prouvée, et l’affaire a abouti à un règlement amiable ordonné par le Tribunal de l’Union européenne. Les trois fonctionnaires se sont vu offrir une somme symbolique en compensation, payée aux frais des contribuables européens.

Par ailleurs, le Parlement européen s’est engagé à publier un communiqué de presse — dont une première version a été rédigée en anglais dans l’accord amiable — dans lequel il présenterait ses excuses pour atteinte à la réputation des fonctionnaires.

Toutefois, le communiqué n’a été publié qu’en grec sur la page Web du bureau grec du Parlement, avec pour titre général « déclaration à la presse ». La presse n’en a pas été informée par courriel et rien n’a été publié sur les réseaux sociaux, ce qui laisse entendre que le Parlement veut enterrer l’affaire.

En réponse à l’absence de version anglaise de la déclaration sur le site du Parlement, Delphine Colard, cheffe de l’Unité du porte-parole, a affirmé à Euractiv « le communiqué de presse […] a été mis à la disposition du public conformément aux termes de l’accord ».

Leonidas Antonakopoulos, l’ancien chef du bureau grec de l’institution et l’un des trois fonctionnaires suspendus, a exprimé sa satisfaction quant à l’issue de l’affaire sur le fond, notamment « parce que le Parlement a reconnu son comportement trompeur à notre égard il y a deux ans ».

« Je ne pourrai jamais attaquer l’institution que je sers depuis trente ans. Je suis heureux et satisfait parce que ceux qui ont agi personnellement et par mauvaise foi, en ignorant les implications sur la réputation du Parlement européen, ont finalement perdu », a-t-il déclaré à Euractiv.

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