Présidence de l’UE : la France passe à la vitesse supérieure dans les préparations

Le gouvernement a annoncé que son mandant lors de la présidence française sera sous le signe d’une devise : « relance, puissance, appartenance » [EPA/FLORIAN WIESER]

Alors que la France doit prendre la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne au premier semestre de 2022, le secrétaire d’État chargé des affaires européennes Clément Beaune a lancé la semaine dernière deux comités : un comité de suivi transpartisan et un comité de réflexion.

Entre janvier et juin 2022, la France devra présider le Conseil de l’UE ; l’occasion pour l’exécutif français de mettre plusieurs questions et enjeux sur la table.

D’ores et déjà, le gouvernement a annoncé que son mandat sera placé sous le signe d’une devise : « relance, puissance, appartenance ». « Pour bien conduire cette présidence, il est essentiel de bien s’y préparer dès maintenant et de mettre en place une organisation précise et rigoureuse », a déclaré le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en novembre dernier en Conseil des ministres.

Et c’est justement par le biais du comité de suivi transpartisan, qui réunit députés et sénateurs français ainsi que des eurodéputés, que la représentation nationale compte avoir son mot à dire.

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La mission première de ce comité est de « recueillir l’avis de tout le monde sur les priorités qui devraient être portées », explique la députée (MoDem) et présidente de la commission des affaires européennes à l’Assemblée nationale Sabine Thillaye à Euractiv France.

Elle se réjouit néanmoins d’avoir obtenu la possibilité que la troïka – dans le jargon européen, le mot russe désigne un groupe composé d’un représentant de l’État qui préside, de l’État prédécesseur et de l’État successeur – soit représentée au comité exécutif en qualité d’observateurs. « Il s’agit maintenant de savoir quelles seront les prérogatives de ces observateurs », nuance Mme Thillaye.

Des priorités à préciser

Même si beaucoup d’axes concrets sont encore à préciser, plusieurs se dégagent déjà, comme la révision des « règles budgétaires » – dont le débat a été ravivé par le contexte sanitaire -, la « transition numérique », les « enjeux climatiques » et les « droits sociaux ».

Volonté française ou pas, la députée d’Indre-et-Loire souligne que de nombreux sujets devraient quoi qu’il arrive aboutir sous la présidence française avec l’arrivée de plusieurs grands textes à l’échéance 2022 qui portent notamment sur le Green Deal, le Digital Markets Act (DMA) et la Digital Services Act (DSA).

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« Vivre l’Europe partout en France »

« Je crois qu’il faut qu’on fasse beaucoup plus le lien entre l’échelon national, européen et local », plaide la parlementaire qui appelle, plus largement, à « accélérer l’européanisation des politiques » et à « faire vivre le débat ».

C’est dans ce sens qu’un comité culturel devrait bientôt voir le jour, autour de la ministre de la Culture et du secrétaire d’État chargé des affaires européennes, a annoncé l’exécutif en nombre dernier. Il aura pour mission d’encourager et superviser la création théâtrale, audiovisuelle et le débat d’idées pour faire « vivre l’Europe partout en France ».

Alors que le mot « appartenance » devrait occuper la feuille de route de la présidence française, Sabine Thillaye remarque qu’il s’agit d’un « serpent de mer ». « On se pose depuis longtemps la question de commencer à susciter cette appartenance », note-t-elle, soulignant qu’il est « très important (…) de faire la promotion de la citoyenneté européenne ».

Enfin, hasard du calendrier, la première moitié de l’année 2022 en France sera aussi marquée par les élections présidentielles. « Je pense que c’est une chance de mettre les questions européennes sur la devant de la scène », anticipe Sabine Thillaye, qui exclut d’éventuelles tentations électoralistes sur la base de la « neutralité » exigée de la présidence de l’UE.

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