Sebastian Kurz montre patte blanche à l’UE sur son gouvernement

Sebastian Kurz et Donald Tusk

Le nouveau chef du gouvernement autrichien s’est rendu à Bruxelles pour rassurer sur la poursuite de la politique européiste de son pays, un jour après avoir validé une coalition avec l’extrême droite. Un article d’Euroefe.

« Mon premier voyage à l’extérieur sera à Bruxelles. Le gouvernement fédéral est clairement pro-européen. Nous voulons jouer un rôle positif, surtout dans le contexte de la présidence autrichienne de l’UE au second semestre de 2018 », avait déclaré le chrétien-démocrate Sebastian Kurz aux médias.

Le chancelier fédéral doit rencontrer les 19 et 20 décembre « les trois présidents des institutions les plus importantes de l’UE », a expliqué son porte-parole à l’agence autrichienne APA.

En effet, le plus jeune chef d’État d’Europe (31 ans) a rencontré le président du Conseil européen, Donald Tusk à 20h et une heure plus tard, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Le mercredi 20 décembre, à 8h30 Sebastian Kurz, chef de file du Parti populaire autrichien et vainqueur des élections d’octobre, devait rencontrer le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

L’intention du chef d’État autrichien est de rassurer les hauts dirigeants de l’UE sur le fait que son nouveau gouvernement de coalition poursuivre son orientation européiste malgré le pacte avec le parti d’extrême droite eurosceptique (FPÖ) de Heinz Christian-Strache.

En Autriche, Sebastian Kurz tend la main à l’extrême droite

Le vainqueur des élections du 15 octobre dernier en Autriche, a proposé au parti d’extrême droite eurosceptique, le FPÖ, de former une coalition, à condition qu’elle soit proeuropéenne. Un article d’Euroefe.

Pour garantir cela, le portefeuille des affaires européennes a été transféré du ministère des Affaires étrangères – géré par Sebastian Kurz dans le cabinet précédent – à la chancellerie fédérale. Il restera donc sous son contrôle.

Le portefeuille des affaires étrangères est quant à lui géré par le FPÖ, même si la titulaire de ce poste, Karin Kneissl, n’appartient pas officiellement au parti.

Sebastian Kurz abordera aussi la question de la préparation de la présidence de l’UE, qu’occupera l’Autriche au second semestre de l’année prochaine.

Par ailleurs, le chancelier a indiqué vouloir parler du thème de l’immigration avec Donald Tusk car, contrairement à son prédécesseur, le social-démocrate Christian Kern, il soutient l’opinion du président du Conseil européen, selon laquelle le système de quotas obligatoires de relocalisation des réfugiés n’est pas efficace et divise les États membres.

« Donald Tusk a raison lorsqu’il dit que les quotas obligatoires de réfugiés n’ont pas fonctionné. Voilà pourquoi je vais faire mon possible pour que changer cette politique malavisée », a-t-il commenté.

Les discriminations envers les musulmans perdurent en Europe

Les musulmans installés en Europe de l’Ouest font beaucoup d’efforts d’intégration, en termes de langue, d’éducation et de travail. Mais leur acceptation sociale reste difficile, notamment sur le marché du travail en France, selon la fondation Bertelsmann.

« Ce gouvernement a pris position très clairement en faveur de l’Europe et c’est ce qui compte pour moi », a déclaré  Jean-Claude Juncker à l’issue d’une rencontre. « Nous allons juger le gouvernement autrichien, comme tous les gouvernements, sur ses actes », mais « ce qui a été écrit dans le programme du gouvernement nous convient presque à 100% », a-t-il poursuivi.

« Je le vois comme un dirigeant énergique, déterminé et pro-européen », a twitté M. Tusk, qui avait déjà adressé lundi une lettre à l’Autrichien pour affirmer sa confiance dans « le rôle constructif » que jouera son gouvernement au sein de l’UE.

Dix ans plus tard, retour de l’extrême droite

Après plus de dix ans dans l’opposition, le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) revient dans la même coalition qui avait gouverné entre 2000 et 2006 avec le Parti populaire (ÖVP). Cette fois, avec un programme de durcissement des politiques d’immigration et d’asile.

Les 15 membres du nouveau gouvernement ont pris leur fonction lors d’une cérémonie dans l’ancien palais impérial de Vienne, pendant que 1 500 policiers repoussaient 6 000 manifestants venus protester contre l’entrée de l’extrême droite au gouvernement.

Le président fédéral, l’écologiste Alexander Van der Bellen, a rappelé durant la cérémonie ses divergences idéologiques avec le nouvel exécutif et le fait que ce dernier devait « respecter l’histoire de l’Autriche, que ce soit les chapitres positifs ou les plus sombres », faisant clairement référence au passé nazi du pays.

Parmi les ministres nommés par le FPÖ (sept au total), certains ont été et sont toujours aujourd’hui proches de l’extrémisme de droite. C’est notamment le cas du vice-chancelier et chef de file du parti, Heinz Christian Strache, qui a entretenu des contacts néonazis durant sa jeunesse, ou du nouveau ministre des Infrastructures, Norbert Hofer, membre d’une confrérie pangermanique et nationaliste.

D’aucuns craignent qu’en contrôlant les ministères de la Défense et de l’Intérieur, le FPÖ ne rabote les droits fondamentaux comme la liberté de manifestation ou de la presse.

Les manifestations de lundi ont néanmoins été plus limitées que celle de l’an 2000 lorsque l’ÖVP, alors dirigé par Wolfgang Schüssel avait formé un gouvernement avec le FPÖ, anciennement dirigé par l’ultranationaliste  Jörg Haider, décédé en 2008.

Les membres de ce gouvernement avaient dû sortir du palais royal par un passage souterrain à cause des milliers de manifestants qui affirmaient qu’un tabou se brisait en Europe avec l’inclusion du FPÖ au gouvernement.

L’ÖVP et le FPÖ ont gouverné ensemble durant presque sept ans, divisés en deux mandats agités. La traditionnelle « grande coalition » entre le parti populaire et les sociaux-démocrates a pris le relais durant les dix années suivantes.

La réédition de la coalition de droite promet de gérer d’une main de fer les questions d’immigration, de réduction des dépenses publiques, de baisses d’impôts, de réformes de l’administration publique et souhaite corriger « les mauvais développements » de l’UE.

Avec l’Allemagne et la Suède, l’Autriche est le pays qui a accueilli le plus d’immigrants en 2015 et 2016 (environ 150 000) quand plus d’un million de réfugiés sont arrivés en Europe depuis le Moyen-Orient.

Le nouvel exécutif est actuellement le seul de l’UE à être constitué d’un parti eurosceptique. L’accord de coalition contient d’ailleurs un engagement explicite selon lequel le FPÖ ne pourra pas remettre en cause l’adhésion de l’Autriche à l’UE.

Alexander Van der Bellen a souligné que certaines tranches de la population étaient satisfaites du nouveau gouvernement, mais que d’autres le rejetaient totalement. « Je comprends cela, dans une démocratie, les opinions divergent », a-t-il commenté tout en demandant à l’exécutif de travailler pour tous les Autrichiens.

Durant les élections d’octobre, l’ÖVP a obtenu 31,5 % des votes, les sociaux-démocrates du SPÖ sont arrivés second avec 26,9 % des voix. Le FPÖ se trouvait quant à lui sur la troisième marche du podium avec 26 %.

Avec 113 sièges sur 183 au total, les partis de droite disposent donc d’une confortable majorité au Parlement.

Le conservateur Sebastian Kurz remporte les législatives en Autriche

Le jeune leader conservateur Sebastian Kurz, 31 ans, a remporté ce dimanche, les élections législatives autrichiennes, signant un probable retour de la droite à la chancellerie, peut-être au prix d’une alliance avec l’extrême droite.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.