Madrid soutient la candidature de Barcelone pour accueillir l’EMA

En cas de victoire de Barcelone, la tour Agbar est prête à accueillir l'agence européenne des médicaments. [Eddy Van 3000/Flickr]

La ministre espagnole de la Santé, Dolors Montserrat, a déclaré le 24 mai que Barcelone était la mieux placée pour accueillir l’Agence européenne des médicaments (EMA) après le Brexit et a réaffirmé le soutien du gouvernement central pour la candidature de la capitale catalane.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’autorité bancaire européenne sont deux agences européennes actuellement basées à Londres. Les deux autorités de réglementation seront relocalisées après le Brexit, en mars 2019.

« Nous serons unis pour cette candidature, nous nous battrons ensemble, car nous défendons l’intérêt du peuple catalan et du peuple espagnol dans son ensemble », a déclaré Dolors Montserrat aux journalistes.

La ministre espagnole de la Santé s’est rendue à Bruxelles pour rencontrer le commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis et d’autres responsables européens. « Nous travaillons en coordination avec le gouvernement régional de Catalogne et avec la mairie de Barcelone », a-t-elle expliqué.

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La ministre n’était toutefois pas accompagnée des représentants des autorités régionales et locales lors de sa visite à Bruxelles. Elle s’est justifiée en disant que les réunions en question étaient des discussions purement « techniques » pour échanger des points de vue sur le document rédigé par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Donald Tusk, le président du Conseil, et partagé avec les ministres européens lundi dernier.

Selon le document, divulgué par le Financial Times, les États membres doivent présenter leurs villes candidates à l’accueil des deux agences d’ici au 31 juillet. Après plusieurs tours de votes, la décision finale devrait être prise d’ici à octobre.

De leur côté, les autorités catalanes accélèrent le processus légal pour l’organisation d’un référendum sur l’indépendance à cette même date.

Selon un projet de loi publié par El Pais, le gouvernement régional serait même prêt à proclamer l’indépendance de manière unilatérale si l’Espagne interdit l’organisation d’un référendum, ce que Madrid a déjà averti qu’elle ferait.

Malgré les tensions grandissantes entre le gouvernement central et la Generalitat, Dolors Montserrat a déclaré que le référendum n’affectait « en rien » les chances de l’Espagne de remporter l’EMA.

Remplir tous les critères

La ministre espagnole a répété à plusieurs reprises que Barcelone remplissait tous les critères compris dans le document partagé avec les ministres cette semaine. Le premier est la continuité de l’organisation de travail de l’agence.

« Le bâtiment est prêt, il est vide, et nous pouvons remettre les clés aujourd’hui », a-t-elle déclaré aux journalistes. L’édifice emblématique que propose l’Espagne pour accueillir le siège de l’EMA est la tour Agbar. Dessinée par l’architecte français Jean Nouvel, c’est l’un des gratte-ciel majeurs de Barcelone.

La ministre a également rappelé à quel point Barcelone était bien desservie (environ 80 vols vers d’autres villes européennes). La ville possède en outre 42 écoles internationales et de nombreux hôtels pouvant accueillir un total de 100 000 visiteurs.

L’Espagne a également prévu une hausse du budget de l’agence nationale des médicaments pour que celle-ci s’occupe des tâches de l’EMA temporairement et assure une transition en douceur.

Comme l’a souligné la ministre, l’agence nationale espagnole est déjà l’agence qui aide le plus l’EMA, et en termes de nombre d’employés, elle se classe deuxième juste après l’agence britannique.

Madrid table aussi sur l’attractivité de Barcelone en tant que destination. Selon une enquête interne au personnel de l’EMA, il s’agit de la ville candidate préférée pour accueillir l’agence.

« Aujourd’hui nous sommes leur première option. En 1992, Barcelone était finaliste », a-t-elle rappelé. « Nous n’allons pas laisser filer cette opportunité. »

Pourtant, trois agences européennes se trouvent déjà en Espagne et trois autres organes européens de plus petite taille se trouvent aussi sur le territoire, alors que la Bulgarie, la Roumanie, Chypre, la Croatie, la Slovaquie n’en possèdent aucune.

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Jean-Claude Juncker et Donald Tusk ont souligné être favorables à « une répartition géographique des sièges des agences ». Ils ont cependant rappelé que ce principe, sur lequel les institutions se sont accordées en 2003, se référait à l’emplacement des nouvelles agences, et pas nécessairement à la relocalisation de celles qui existent déjà.

« Nous ne pouvons pas décider en fonction des pays qui n’accueillent pas encore d’agence », fait remarquer Dolors Montserrat, qui insiste sur un « processus transparent et objectif » pour assurer le bon fonctionnement de l’EMA. Outre son déplacement actuel à Bruxelles, la ministre a rencontré la plupart de ses homologues européens ces dernières semaines. « Ils savent que la concurrence est rude », assure-t-elle.

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