Toujours pas de plénière du Parlement européen à Strasbourg : les Alsaciens dépités

« La France n’est plus respectée par les institutions européennes », s’est exclamée dans un communiqué la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), née en janvier de la fusion des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. [EPA-EFE/PATRICK SEEGER]

Plusieurs élus alsaciens ont exprimé mercredi (14 avril) leur dépit après la décision du Parlement européen (PE) de tenir sa prochaine session plénière une nouvelle fois à Bruxelles fin avril.

Le PE n’a plus siégé à Strasbourg depuis février 2020 en raison de la crise sanitaire.

« La France n’est plus respectée par les institutions européennes », s’est exclamée dans un communiqué la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), née en janvier de la fusion des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

À l’annonce de cette nouvelle, « le sang de Frédéric Bierry (son président LR, NDLR) n’a fait qu’un tour », a poursuivi la CEA, selon laquelle « le retour des sessions à Strasbourg jusqu’à la rentrée de septembre semble compromis ».

L’-’administration du PE paraît mettre « tout en œuvre pour que ce retour ne se fasse pas », la crise sanitaire apparaissant comme « une excuse à la tenue des sessions plénières à Bruxelles », a-t-elle encore protesté.

Ancienne maire de Strasbourg et eurodéputée (Agir), Fabienne Keller a « regretté vivement » la décision du PE, estimant qu’il eût été « possible de tenir cette session à distance » depuis le siège strasbourgeois de l’institution.

« Tout est prêt pour accueillir les députés (à Strasbourg) et je regrette que les instances de décision du Parlement européen n’en tiennent pas compte », a-t-elle insisté dans un communiqué.

Siège du Parlement européen: "l’État ne laissera jamais tomber Strasbourg"

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, a assuré lundi que l’Etat ne laissera « jamais tomber Strasbourg », siège officiel du Parlement européen, alors que plus aucune session ne s’est tenue en Alsace depuis plus d’un an en raison de la pandémie.

Au cours d’un entretien en visioconférence mercredi (14 avril) avec le président du PE, l’Italien David Sassoli, la maire (EELV) de Strasbourg Jeanne Barseghian l’a toutefois « remercié (…) pour son engagement fort et continu » en faveur du retour des sessions plénières dans la capitale alsacienne.

« Cet échange a été l’occasion de partager un espoir fort pour la Ville de retrouver le Parlement européen, dès le 9 mai pour le lancement de la Conférence sur l’avenir de l’Europe à Strasbourg et pour la reprise des sessions plénières d’ici l’été », selon un communiqué de la municipalité.

Aux termes des traités européens, Strasbourg accueille le siège du Parlement européen. Mais cette localisation est sujet à débats depuis des années car, dans les faits, le vaste hémicycle strasbourgeois n’est employé que lors des sessions plénières, trois jours et demi par mois.

L’essentiel du travail parlementaire est effectué à Bruxelles où le PE dispose également d’un hémicycle et où se trouve l’exécutif européen.

Strasbourg "prête" à accompagner la Conférence sur l'avenir de l'Europe

Si la situation sanitaire le permet, un événement officiel doit avoir lieu à Strasbourg le 9 mai, jour de la fête de l’Europe. « C’est encore en train de se caler« , a indiqué Jeanne Barseghian.

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