Malte promet de rééquilibrer les forces politiques à la tête de l’UE

Joseph Muscat [Government of Malta]

Les dirigeants européens vont se pencher  sur le monopole politique détenu par le centre-droit (PPE) à la tête des institutions européennes, a déclaré le Premier ministre maltais, Joseph Muscat.

Le Premier ministre maltais Joseph Muscat a déclaré le 9 mars devant les journalistes avant le Conseil européen que la situation n’était « pas durable », puisqu’une seule famille politique détenait les plus hauts postes des institutions européennes.

Le Parti populaire européen (PPE), le plus grand groupe politique du Parlement européen, contrôle les présidences des trois principales institutions : le Conseil européen, le Parlement et la Commission européenne.

Joseph Muscat estime que cette répartition est mauvaise pas seulement pour les institutions, mais pour l’Europe dans son ensemble.

Un vote historique porte Tajani à la présidence du Parlement

Après d’intenses négociations politiques, le candidat du Parti populaire européen, Antonio Tajani, a été élu à la présidence du Parlement européen le soir du 17 janvier.

La présidence de l’Eurogroupe et le poste de chef de la diplomatie européenne sont cependant contrôlés par des socialistes et démocrates (S&D).

Au Conseil, le groupe de centre-gauche inclut un chef d’État et huit chefs de gouvernement. Par ailleurs, sept Premiers ministres proviennent du groupe des libéraux ALDE, mais ils ne contrôlent aucun haut poste.

Les dirigeants européens se sont joints à Joseph Muscat, lui-même socialiste, pour exprimer leur mécontentement, lorsque ce dernier a sondé l’opinion des capitales en ce qui concerne la réélection de Donald Tusk à la présidence du Conseil européen.

Les socialistes lorgnent le poste de Tusk

Après avoir perdu la présidence du Parlement européen, les dirigeants socialistes espèrent récupérer le poste de président du Conseil européen. Ils en discuteront la semaine prochaine, avant le sommet européen à Malte.

Le Premier ministre maltais n’avait pas l’intention de lancer une grande discussion sur l’équilibre politique durant sa présidence tournante de l’UE, mais il a assuré aux journalistes que le débat aurait lieu cette année.

Joseph Muscat a expliqué que la présidence de la Commission pourrait subir un processus de révision pour parvenir à une distribution plus équitable des postes.

Jean-Claude Juncker a été nommé président de la Commission suite à la victoire du PPE aux élections européennes de 2014. Toutefois, la procédure du « spitzenkandidaten » n’est pas établie dans les traités. Les dirigeants avaient déclaré qu’ils réévalueraient cette approche après 2014. Pour Joseph Muscat, cette révision devrait avoir lieu maintenant.

Majorité écrasante

Le mécontentement de plusieurs chefs d’État face au déséquilibre politique n’a cependant pas influer sur la confirmation du second mandat de Donald Tusk lors du Conseil.

Lors de sa prise de contact avec les 28 États membres, une « majorité écrasante » de dirigeants s’est montrée favorable à un renouvellement de son mandat pour deux ans et demi, malgré l’opposition farouche du gouvernement conservateur polonais face à la nomination de son ancien Premier ministre.

« Les règles sont claires », a-t-il insisté. Ce dernier était prêt à organiser un vote si nécessaire pour surmonter l’opposition de Varsovie.

La Première ministre polonaise, Beata Szydlo, était quant à elle prête à bloquer l’adoption des conclusions du sommet pour faire dérailler le processus.

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