La présidente de la Commission européenne était accusée de favoritisme pour avoir choisi Markus Pieper, eurodéputé allemand issu du même parti qu’elle (Union chrétienne-démocrate/CDU, Parti populaire européen) comme Envoyé pour les petites et moyennes entreprises (PME), un poste hautement rémunéré. Lundi (15 avril), la veille de son entrée en fonction, l’homme a décidé de renoncer au poste, et Ursula von der Leyen a annoncé que celui-ci serait attribué après les élections européennes.
M. Pieper, dont la nomination était controversée, notamment en raison des accusations de favoritisme, a renoncé au poste lundi, alors qu’il devait officiellement prendre ses fonctions le lendemain, mardi (16 avril).
En réponse à cette annonce, Mme von der Leyen a annoncé dans un communiqué qu’elle « a décidé de suspendre la réouverture de la procédure de sélection pour le poste d’Envoyé pour les PME jusqu’à la periode suivant les élections européennes ».
La présidente n’a pas pour autant reconsidéré son choix initial et a maintenu sa position face aux critiques.
« Markus Pieper est un expert avéré des PME et avait conclu avec succès un processus de sélection en plusieurs phases. L’autonomie de chaque institution de l’UE dans la nomination de ses hauts fonctionnaires doit être respectée », peut-on lire dans le communiqué.
M. Pieper a confié au journal allemand Handelsblatt que, compte tenu de « la manière dont [le commissaire au Marché intérieur] Thierry Breton boycotte à l’avance ma nomination au sein de la Commission, je ne vois actuellement aucune possibilité de remplir les attentes légitimes liées à ce poste ».
Ces dernières semaines, la nomination avait suscité de vives critiques, le Parlement européen demandant à la présidente l’annulation de la nomination de M. Pieper, et quatre membres éminents de son propre collège réclamant un débat sur le sujet (le libéral Thierry Breton et les socialistes Josep Borrell, Paolo Gentiloni et Nicolas Schmit).
Mme von der Leyen est accusée de favoritisme pour avoir nommé M. Pieper, député européen issu de sa propre famille politique en Allemagne, la CDU de centre droit, à un poste de haut niveau et hautement rémunéré (18 430 euros bruts par mois) au sein de l’institution qu’elle dirige.
Cette situation constitue un revers pour Ursula von der Leyen, qui se retrouve mise en cause à un peu moins de deux mois des élections européennes (6 au 9 juin), durant lesquelles elle sera candidate à sa propre succession à la tête de la Commission européenne.
Parallèlement à cela, des informations selon lesquelles deux candidates, l’eurodéputée tchèque Martina Dlabajova (Renew) et Anna Stellinger de la Confédération des entreprises suédoises, avaient atteint le dernier stade de la procédure de recrutement en obtenant de meilleures évaluations que M. Pieper, ont circulé.
Début mars, Mme Dlabajová — favorite du commissaire Breton — a adressé une lettre à la direction générale du personnel et de la sécurité de la Commission européenne. Dans la lettre consultée par Euractiv République tchèque, l’eurodéputée interrogeait la Commission pour savoir si la nomination de l’Envoyé de l’UE pour les PME avait été basée sur une évaluation du mérite, incluant les résultats de tests et d’entretiens ainsi que le classement final, et si les politiques d’égalité des chances ont été prises en compte.
Actuellement, le statut de la plainte déposée par Mme Dlabajová reste inconnu.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


