L’Italie accuse les Pays-Bas d’avoir louvoyé pour obtenir l’agence du médicament

Un représentant du gouvernement néerlandais assure que les préparatifs pour l’installation sont sur la bonne voie et qu’ils respectent la candidature présentée par les Pays-Bas. [Shutterstock]

Le déménagement progressif de l’Agence européenne des médicaments, actuellement située à Londres, prend du retard à Amsterdam. Un haut représentant de l’industrie pharmaceutique italienne soutient que le dossier de candidature des Pays-Bas était biaisé.

« La capacité réelle d’Amsterdam à accueillir l’Agence européenne des médicaments (AEM) ne correspond pas à ce qui était présenté dans sa candidature, ce qui signifie donc que la ville a peut-être induit en erreur l’UE », a déclaré Massimo Scaccabarozi, le président de l’Association italienne de sociétés pharmaceutiques (Farmindustria).

Le 31 janvier, l’Italie a introduit un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne contre la décision de relocaliser l’AEM, actuellement située au Royaume-Uni, aux Pays-Bas. Et ce au motif que l’infrastructure est encore en cours de construction, et ne sera pas prête avant novembre 2019.

Le ministre de la Santé néerlandais a déclaré le 5 février que l’AEM serait installée dans des locaux temporaires en 2019 puis dans l’infrastructure définitive en 2020, une situation qualifiée par le directeur de l’agence de « pas optimale ».

La Haye confiante sur le déménagement de l’Agence des médicaments

Les préparatifs pour l’installation aux Pays-Bas de l’Agence européenne des médicaments vont bon train, malgré un possible recours de l’Italie devant la justice européenne.

« Si la Commission a fondé son évaluation sur un rapport biaisé, il est toujours temps de repenser ce choix. Le problème aujourd’hui est que les promesses d’Amsterdam durant la phase de candidature ne correspondent pas à ce qu’elle est capable de proposer aujourd’hui », estime Massimo Scaccabarozzi.

« Les informations fournies ont pu induire en erreur les autres États membres de l’UE et, par conséquent, mettre en danger le fonctionnement d’un système qui préserve la santé de millions de personnes. »

Il constate qu’Amsterdam est nettement en retard et que l’état actuel des travaux de construction, ainsi que l’inadéquation d’un bâtiment temporaire, risquent d’avoir des conséquences sur les activités de l’agence.

Le 31 janvier, un représentant du gouvernement néerlandais a annoncé que les préparatifs pour l’installation étaient sur la bonne voie et qu’ils respectaient les promesses faites dans la candidature présentée par les Pays-Bas.

« Tout est dans notre dossier de candidature. Depuis le 20 novembre, les Pays-Bas et l’AEM coopèrent étroitement pour assurer une transition sans accroc le 29 mars 2019 », a assuré le représentant néerlandais. « L’AEM a déjà choisi le bâtiment qui l’abritera temporairement en attendant le déménagement vers son prochain siège permanent, à l’automne 2019. »

Une situation qui n’est pas liée aux élections

Ce dossier est actuellement une des priorités des responsables italiens. « Nous devons essayer […], rien n’est encore joué », a commenté le Premier ministre Paolo Gentiloni.

Les représentants néerlandais affirment quant à eux que les Italiens alimentent le débat en raison des élections italiennes qui auront lieu le 8 mars. Cependant, Massimo Scaccabarozzi nie toute responsabilité des Italiens derrière la réouverture du dossier de relocalisation de l’AEM.

« Les deux éléments ne sont pas liés. Les activités de l’AEM influencent la vie et la santé de plus de 500 millions de citoyens européens. Tout retard dans les activités de l’AEM peut profondément affecter tous les pays de l’UE. Voilà pourquoi une transition progressive est donc indispensable. »

Le responsable pharmaceutique italien affirme que les inquiétudes exprimées par l’Italie montrent que le pays veut garantir une transition en douceur de l’agence, mise en péril par les retards d’Amsterdam.

« Il est inquiétant d’entendre que seulement 50 % de l’espace nécessaire sera disponible dans le bâtiment temporaire. L’UE doit protéger la poursuite des activités de l’agence et éviter les perturbations dans nos systèmes de santé », a expliqué Massimo Scaccabarozzi.

« La meilleure solution serait de relocaliser l’AEM à Milan, ville qui a reçu lors du vote du 20 novembre le même nombre de voix qu’Amsterdam, et même plus de voix lors du premier tour, et qui possède un bâtiment des plus modernes et prêt à être occupé », a-t-il conclu.

Athènes et Milan au coude à coude pour l’accueil de l’Agence des médicaments

Avec plus de 1 000 salariés européens, l’Agence européenne des médicaments apportera des bénéfices économiques considérables à la ville qui l’accueillera. Athènes et Milan se sont lancés dans la bataille.

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