Le Parlement du futur à l’épreuve de la pandémie et des totalitarismes

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Le président du Parlement européen David Sassoli. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Quinze mois après l’explosion d’une pandémie sans précédent, le monde entier est appelé à se réinventer. Il n’est pas de secteur qui puisse s’imaginer revenir à la vie d’avant. La COVID nous montre très clairement nos forces et nos faiblesses, les changements à opérer et les choses que nous pouvons améliorer. L’exercice vaut également pour les institutions européennes et nationales, les entreprises, les partis, les syndicats, ainsi que les administrations régionales et locales. Nous n’échapperons pas à la leçon de la COVID-19, pas plus que nous ne pourrons ignorer l’expérience et les données que nous avons accumulées. 

Ces quinze mois de douleur, de souffrance et d’étourdissement nous offrent la possibilité de gagner en efficacité dans de nombreux domaines. 

C’est dans cet esprit que le Parlement européen, depuis la semaine dernière, a entamé un processus de réflexion ouvert à tous les députés, afin de réformer les méthodes de travail de notre institution, d’améliorer l’activité législative, l’organisation interne, le rôle de la séance plénière et des commissions parlementaires, ainsi que les activités internationales. Nous aborderons également le thème récurrent des relations entre le Parlement et les citoyens. 

Bref, nous avons besoin d’idées neuves avant de pouvoir modifier règlements et dispositions. Cinq groupes de travail, animés par de jeunes députés et des députés plus expérimentés, auront jusqu’à la fin du mois de juillet prochain pour réfléchir, en collaboration avec les groupes politiques, à une vision du Parlement du futur qu’ils présenteront aux organes compétents. Cet exercice de participation ascendante sera mené grâce à une plate-forme interactive ouverte aux contributions de tous. Il se conclura à l’automne par un débat général à l’issue duquel sera approuvé un document présentant les réformes à développer au cours de la deuxième partie de la législature.  

La pandémie a montré combien il est difficile de travailler selon les règles existantes et mis en évidence la nécessité de disposer d’instruments plus souples. Nos institutions doivent, elles aussi, se pencher sur les moyens d’améliorer leur fonctionnement pour permettre au système démocratique de mieux relever les défis de notre époque. Que la démocratie soit un système fragile ne signifie pas qu’il faille rester dans l’expectative. Il est de notre devoir à tous, en ces temps si difficiles, de procéder aux ajustements nécessaires. J’espère que les parlements nationaux s’emploieront également à évaluer le fonctionnement de leurs assemblées, tant il est vrai que la COVID-19 nous a fait comprendre que l’Union européenne ne se résumait pas à ses institutions bruxelloises. Il existe des dimensions nationales et régionales dont l’incidence sur le mécanisme communautaire est fondamentale. Il suffit de penser à l’importance et au rôle central des régions et des collectivités locales dans la lutte contre la pandémie. 

Ce sont autant de composantes de la dimension européenne. Si chacun joue son rôle, nous pourrons alors repenser notre fonctionnement et le rendre moins bureaucratique et moins dirigiste. 

C’est avec inquiétude que nous observons la tendance affirmée des régimes autoritaires à se présenter comme des systèmes efficaces. C’est un défi qui nous est lancé et que nous devons relever avec détermination. Nous, nous ne voulons pas renoncer à la démocratie et à cette fin, nous pouvons mettre à jour nos règles, œuvrer au renouveau de nos institutions et offrir de nouveaux outils de participation. Le Parlement européen a décidé de ne pas rester les bras croisés et d’agir sans tabous. 

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